mardi 9 janvier 2007

Celle qui m'accompagne

Si je devais compter depuis combien d’années je lui jure fidélité
Si je devais calculer les voyages que j’ai consumés sans ambages
Si je devais faire une ode à mes poumons, leur crier des félicitations
Si je devais faire ici un repentir, de tout mon monde ensevelir
Sous une âcre fumée noire, aux allures de crématoire…

Même ainsi…

Je ne pourrais l’incriminer, la blâmer ou accuser
J’aime son goût et même sa réputation de voyou
Son odeur et même son prix de voleur
Sa présence même si elle a causé bien des absences
Sa fidélité même si elle est pas bonne à marier

Elle accompagne mes jours et je m’en languis la nuit
Elle calme mes nerfs toujours et m’épaule sans bruit

Certains me lâchent sans discours, parfois même sans un regard
Elle s’ancre alors à mes poumons lourds, me bichonne comme une sorcière sans fard
La vie me confronte plus qu’à son tour à la grande décideuse
Elle sort ses plus beaux atours de manière insidieuse

Elle a sa place partout chez moi, je ne lui refuse aucun de mes émois
Elle ne m’octroie que le sommeil, mais parfois de remords avec elle je veille
Elle a traversé toutes les crises, contrairement à d’autres, sans couardise
Elle a même vaincu haut la main, mes tentatives de divorce sans lendemain

Et pourtant c’est bien elle que j’aimerais quitter
De son odeur me désimprégner
Ne plus sentir sur mes épaules le poids
D’une vie courte alors que j’avais le choix

Ce texte m’a été inspiré par une certaine initiative

6 commentaires:

Pourquoi moi? a dit…

Quelle belle ode à la cigarette...

Ne pas pouvoir se passer de quelque chose qui soit à la fois très couteux et très nocif...

On est pas au bout de nos contradictions...

DesCrisEnLigne a dit…

si seulement mes contradictions ne se limitaient qu'à la cigarette...
tout serait bien plus simple
ravie de te revoir, ça va toi?
faut que je te maile, je tente ça ce soir tiens, si les nouveaux amis que mon petiot a ramené à la maison me laissent souffler (toux rhume et fièvre)

Marchello a dit…

C'est difficile d'arrêter mais c'est possible. C'est sûrement la chose la plus difficile que j'ai réussis dans ma vie. Ça vaut la peine. Ma méthode est infaillible. Tu dis: Au compte de trois je ne fumerai plus et tu compte un, deux, trois. Bravo, c'est parti.

SP4M a dit…

Si bien écrit... ça me rapelle un texte en anglais que j'avais commencé pour ce petit batonnet... J'ai jamais trouvé les mot pour le terminer...

lache pas!

DesCrisEnLigne a dit…

@Marchello: je ne discute pas la stratégie mais bien le stratège ;o)
je viens de compter jusque trente et rien... faut pas lancer des incantations ou meme temps ou un truc du genre? lol
@Sp4m: merci de ta venue, t'as trouvé 5 minutes alors qu'il y a quasi des émeutes chez toi? lol
c'est pas le tout de l'écrire j'aimerais aussi y arriver surtout.. as tu trouvé la fin de ton texte et as tu arreté?
Au plaisir de te revoir

Plume Vive a dit…

et de ce projet également ? où en es tu ?