jeudi 22 février 2007

Des vertes et des pas mûres

Alors que le printemps est quasi à nos portes en ce mois de février, faisant rougir nos vergers bien en avance, voilà que ces quinze derniers jours j'en ai vu des vertes et des pas mûres.
Y a des jours ou des semaines comme ça où on a l'impression que tout s'écroule et qu'on ne saura pas s'en remettre, à tort évidemment (et heureusement).
Petite histoire: vous portez un amour sans bornes à votre belle-mère. Vous seriez prête à vous couper un bras pour lui faire plaisir. Arrive son anniversaire, vous avez des idées plein la tête pour une fête réussie avec toute sa famille. Vous vous démenez, faites des recherches sur ce qu'il serait possible de faire, vous vous faites toute une joie à l'idée de ce que ça va donner.
Comme vous n'êtes que la belle fille et qu'il y a 4 enfants, vous soumettez bien entendu le projet.
Votre belle-soeur vous dit que c'est pas faisable pour toutes sortes de raisons (pas à tort d'ailleurs) et que ça va être trop compliqué.
Bon bah tant pis, un peu dépitée vous laissez tomber l'affaire et vous vous dites que vous concrétiserez le dit projet dans quelques mois quand on fera un anniversaire commun avec votre beau-père.
Quelques jours avant l'anniversaire, vous apprenez par grand hasard que vous êtes conviée à une petite sauterie qui aura à peu de choses près le même déroulement que celui que vous aviez proposé...
Comme vous n'êtes pas non plus du genre à vous imposer, vous ne dites rien, participez à la petite fête (fort bien organisée d'ailleurs) et fermez votre clapet...
Début février voit approcher la date du fameux anniversaire belle-mère/beau-père.
Forte de votre expérience passée, vous ne ditez rien et attendez que les autres proposent quelque chose pour une quelconque organisation.
Vous recevez alors un mail (commun à tous les invités) demandant instamment que l'on bloque une date pour fin février, car il se déroule alors une méga teuf, avec animations soirées etc.
Il se trouve que vous n'avez été avertie de rien, qu'à cette date là vous avez un repas prévu de depuis longtemps et que votre mari non plus n'a pas été averti, or c'est un des 4 enfants...
A la réflexion, le sang chaud déjà écoulé, je laisserais tomber, ça me ferait de la peine mais je n'approfondirais pas spécialement le sujet.
Or il se trouve que le jour où j'ai reçu le mail, faisait suite à une soirée de discussion peu amène avec mon conjoint pour toutes sortes de problèmes communs, et que la semaine avait été particulièrement difficile point de vue familial avec mes parents donc j'ai explosé...
C'est étonnant avec quelle puissance la déflagration a eu lieu.
Une colère immense teintée de déception m'a envahie comme quand j'étais enfant et que je trouvais un comportement particulièrement injuste.
Le chagrin m'a submergée par vagues me laissant complètement anéantie, alors que là en l'écrivant je trouve ça totalement disproportionné.
Pendant deux jours j'ai eu l'impression de pleurer un deuil vieux de 30 ans.
Probablement même, tous les deuils que j'avais peu pleuré.
Je suis quelqu'un d'un naturel calme. J'ai une voix suave et posée, un ton uniforme qui apaise (on me l'a dit très souvent) mais là je crois que j'étais pas loin de partir dans les ultra-sons.

Je connais l'élément déclencheur et évidemment je comprends le mal fait, mais je ne m'étais pas rendue compte que j'avais été brasser des choses profondément enfouies.
Bref il m'a fallu deux jours pour m'en remettre, j'ai eu beaucoup de mal et j'en garde une vraie peine car le sujet me tennait particulièrement à coeur.
Mais j'ai eu des excuses sincères de mes belles-soeurs, toutes désolées de ce qu'elles avaient fait (sans mauvaise intention réelle j'en suis convaincue), une remise en question totale de l'organisation de la dite fête et une sereineté presque retrouvée.
Finalement pêter un câble ça fait un bien fou!

Evidemment, on ne va pas se plaindre non plus mais du coup (et c'est bien fait) je me retrouve avec un discours à pondre et pour lequel je suis incapable d'aligner deux mots, une organisation de ouf à préparer et des tonnes de nourriture à cuisiner...

Je pourrais dire que ça m'apprendra à la fermer mais ça m'a fait tellement de bien, que je ne regrette rien.

(voilà en partie le pourquoi de mon absence ici, que certains - j'espère - auront remarquée)

3 commentaires:

fabilou a dit…

Oui, oui, j'avais remarqué.
J'ai juste respecté ton silence.

DesCrisEnLigne a dit…

C'est pour ça, ce genre de phrases et pour des milliers d'autres choses que meme quand ça va plus mal que bien, je reviens ici le confier
Merci

tirui a dit…

hé ben quel courage et quelle bonne volonté (mal récompensée) de ta part, c'est pas moi qui ferait tout ça pour ma belle-mère (et même pour mon beau-père) O:-)