vendredi 30 mars 2007

Il faut que je vous raconte

Journée de bureau à terminer
du galop pour tout boucler
5 heures sonnent, je prends la route
direction Metz pour un bain de foule
on arrive sous une pluie fine
les gens font grise mine
l'excitation arrive doucement
je réalise que je l'attends ce moment

la demie un peu passée
la salle s'éteint sur la soirée
arrive sur scène l'homme aux doigts d'or
je sens l'émotion me submerger sous les premiers accords

alors que malgré moi perlent les premières larmes
arrachées à leur lit par des notes un peu slaves
arrive Linda fraîche et belle comme un roseau
et de ses lèvres sortent les premiers mots

elle discute, elle raconte, elle met à nu
et bien que des dizaines de fois entendues
ses chansons m'enchantent les pavillons
ses mots font frémir mes fondations

j'en ai vu des concerts par dizaines
des que j'aime et des que j'oublie en une semaine
mais se prendre en face l'émotion brute
tisser des liens avec la salle comme on tisse une toile de jute
j'ignorais qu'on pouvait avoir tout ça
simplement en payant avec la monnaie d'ici bas

On a ri, on a pleuré et on a été complices
on a même échangé des mots derrière les coulisses
faut il aimer les gens et son métier
pour pendant 3 heures leur donner
des bouts de soi, des morceaux d'âme
qu'ils emporteront chez eux comme une précieuse flamme

Une belle soirée à raconter
même si les mots ici contés
ne suffisent pas à rendre hommage
aux étincelles aux papillons et aux mirages
qu'elle a semé dans une salle attendrie
par sa générosité une fois encore, pas démentie

mardi 27 mars 2007

J'ai eu du rab

Ce matin, après une nuit fort agitée pour mon Mignon j'ai décidé de le garder près de moi à la maison et de ne pas l'emmener à l'école.
Plus précisemment, du haut de ses 2 ans et demi, les yeux pleins de dodo, le teint livide et les larmes perlant, il me dit "pas écol maman shoplait"..oui ce matin, j'ai craqué.

Je me suis dit qu'il allait se reposer, me laisser faire la montagne de trucs que j'ai en retard et se tenir sage comme une image. Evidemment, c'est à croire que c'est mon premier et je que je suis une innocente pas encore rompue aux yeux doux, car le petit machin me fait une vie infernale, toute fatigue envolée en même temps que mes douces rêveries de repos ou autre joyeuseté.

Quand j'ai debarqué dans sa chambre et que je le regardais dormir si profondément à cause de la nuit ponctuée d'aller retours vers mon lit et de cauchemards divers, j'ai été attendrie.
Attendrie parce que je l'adore évidemment et parce qu'aujourd'hui plus qu'hier, pourquoi je l'ignore, je me suis souvenue, que la vie avait un jour décidé, que plus jamais des yeux bleus me diraient maman.

Alors que mon corps a depuis toujours adopté la ligne courbe, mon organisme a toujours refusé de tourner rond.
Très jeune je souffre de polypes intestinales, je subis plusieurs interventions mais sans succès. A l'âge de six ans, je fais une appendicite qui se solde par une périthonite aigüe qui manque de m'emporter.
A sept ans, dans une grande vague aventureuse je bois de grandes gorgées d'eau de javel (croyant étancher ma soif par de la citronade) ce qui me vaut encore un beau séjour en clinique.
A huit ans, je démarre de grande crises d'asthme qui me valent des séjours aux urgences quasi toutes les semaines.

Je ne me rends quasi jamais chez un médecin de mon propre chef, il faut vraiment qu'il y ait un problème majeur. Mon médécin traitant, un ami, est d'ailleurs toujours inquiet quand il me voit débarquer de peur que ça n'arrive trop tard.

A seize ans, je fais une vilaine chute et je me retrouve avec une cheville violacée du plus bel effet. N'écoutant que mon entêtement, j'attends une semaine avant de me rendre chez le doc, verdict: déchirure des ligaments de la cheville gauche, une opération, de longs mois de plâtre et de réducation et une cheville à jamais fragilisée.

A vingt ans, je m'aperçois que j'ai de drôles de petites tâches douloureuses sur l'entiéreté de mes jambes, mon brave médecin traitant reste sceptique, mais fait des pieds et des mains pour trouver l'origine du mal. Le diagnostique tombe, bénin heureusement, un érythème noueux. Je passe 10 jours en clinique, à me faire mater les gambettes par la plupart des jeunes internes de toute la province. Un régal.

A 24 ans, le jour du déménagement dans notre nouvelle maison de frais propriétaires, je fais une voltige magnifique sur le perron, à peine le camion de déménagement arrivé dans l'allée.
Sous les yeux ébahis des nouveaux voisins, je me retrouve avec une cheville-pied-jambe qui triple de volume et devient instantannément violette.
Urgences, radios, hosto pendant deux jours pour des examens complémentaires. La jambe dégonfle mais le bleu s'étend. Les docs restent sceptiques. Finalement ça s'estompe légèrement, mais au jour d'aujourd'hui, 11 ans après, c'est toujours visible...

25 ans, premier accouchement. Je rentre en clinique pliée de contractions et je vois la tête de l'infirmière changer en voyant mes résultats d'analyses sanguines.
J'ai à ce moment là, d'autres chats à fouetter, donc je case l'information dans un coin de mon cerveau, sans m'en occuper.
La réalité me ratrappe assez vite par un jeune anésthésiste me disant qu'il est hors de question que je bénéficie de la péridurale. J'ai chopé un truc, on ignore ce que c'est, mais lui, il se mouillera pas...

25 ans et quelques jours, frâichement maman, fraîchement demontée par un accouchement des plus pénibles et longs, je rencontre un hématologue, qui me dis en gros (j'avais pas tout saisi à l'époque) que j'ai un problème d'anti corps qui modifie mes paramètres de coagulation. C'est pas dangereux sauf dans certains cas mais il faut surveiller.
J'ai une de fois de plus, d'autres chats à fouetter, je ne m'en occupe guère.

Juillet 97. Je décide avec ma meilleure amie de m'offrir une journée loin des couches et nous partons en goguette faire les soldes (deux heures de train). Dès le matin, je sens que quelque chose ne va pas avec ma jambe. J'ai mal, je me déplace difficilement (génial pour faire les soldes) bref, c'est pas le pied (sans jeux de mots).
Courant de journée, ça devient carrément intenable, ma jambe est gonflée, super rouge et bouillante, je m'arrête à une pharmacie. On me conseille du gel fraîcheur, genre relaxant pour les sportifs. J'en applique, j'ai l'impression que ça me tue ce truc, j'arrête de suite et on décide de reprendre le train direction maison.
A destination, je joins mon gentil doc, qui après inspection minutieuse ne trouve rien.
Je passe le week end en pleurant sur ma jambe difforme mais je tiens.
Lundi matin, réveil et surprise. Plus moyen de respirer, un truc énorme m'écrase la poitrine, me vrille à chaque inspiration, y comme qui dirait un soucis.
Vite le doc, et là ni une ni deux, il me dit, c'est urgences immédiatement.

Comme je suis pas en état de conduire la marraine de mon petiot nous y emmène dare dare.
Arrivés en clinique, j'ai un comité d'accueil digne des plus grands dirigeants. J'en suis encore à me demander ce qui m'arrive quand on m'explique que mon doc les a prevenus de mon arrivée (je vennais pour une entorse moi en toute innocence), que je vais être admise en cardiologie car je fais une énorme phébite avec embolie pulmonaire...

J'y connais pas grand chose mais les termes ne me disent rien qui vaille, donc je panique un tantinet avec mon bout de chou de 7 mois dans les bras et une marraine totally paniqued.
Je passerais sur tous les détails pas très softs de toutes les interventions d'urgence du jour, j'oublierais de vous dire que la dite marraine s'est plantée en voiture en retournant, avec mon bébé, que je n'ai eu de visites que tard le soir, tant et si bien que je me demandais si on ne m'avait pas abandonnée à mon triste sort (en fait pour ne pas m'alarmer, toutes les personnes qui m'avaient eu au tel, avaient "omis" de me parler de l'accident de voiture, et mon mari avait mis la journée à sortir la voiture du fossé, à gérer un bébé de 7 mois et sa femme, qui avait failli y passer en clinique...)
Bref, une journée à oublier, un séjour en clinique à oublier et même un 12 juillet 98 à oublier, malgré que la France a gagné la coupe du monde, et que j'ai regardé le match dans une sordide salle télé de l'hosto, seule avec une quinzaine de petits vieux à moitié amorphes.

Tout ça pour vous dire, qu'alors que je vennais de passer des mois extrêmement difficiles (voir entre autres, post "Fleurs" du 16/12/06), que la vie avait encore une fois décidé de n'en faire qu'à sa tête, à la fin de mon séjour hosto, un bien beau médecin hémato-cardiologue m'a annoncé que plus jamais je n'aurais d'enfants...

Alors quand ce matin, mon Mignon m'a instament de ses yeux bleus prié, de le laisser l'école sécher, j'ai pas un instant refléchi et j'ai de suite, dit oui :o)

mardi 20 mars 2007

Nouvelles du front

Mon mignon est à l'école depuis 2 semaines. On peut dire que ça se passe relativement bien si ce n'est le fait que tous les matins entre le moment où il se lève et celui où on arrive à l'école il repète en boucle "je vais pas à l'école". Probablement de l'auto persuasion.
Une fois arrivés sur place, il enlève veste écharpe et bonnet tout en niant le fait qu'il va aller là où il se trouve déjà.
Visiblement, les premiers pleurs n'ont que pour but de faire saigner mon pauvre coeur de mère car dès que j'ai le dos tourné c'est la foire aux rires. J'ai encore pu le vérifier ce matin.

Hier à midi je vais chercher mignon puisqu'il ne va à l'école que les matinées. Je l'installe dans son siège auto, j'écoute son monologue à base de "machines, tracteurs et camions" et je m'apprête à reprendre le volant. Quand j'aperçois l'institutrice de mon aîné qui m'attend sagement à coté de la voiture.
"euh j'aimerais vous parler de filsaîné"... une minuscule alerte rouge se déclenche dans ma tête, je me demande bien ce qui se passe.
"En fait, nous avons la semaine passée regardé une K7 vidéo sur la naissance des enfants, la grossesse et l'accouchement et il a eu l'air très perturbé"
"De plus, aujourd'hui nous avons lu un texte où il était question d'un petit garçon qui se serait perdu et qui a mis du temps à retrouver ses parents. Mais rien de grave hein, plus de peur que de mal, c'était juste une petite histoire"
Mais filsaîné était triste, il a pleuré et ça lui faisait vraiment mal au coeur de voir un enfant qui avait perdu ses parents - je me demandais si un jour vous l'aviez perdu dans une grande surface ou quelque chose du genre pour que çà le tourmente autant?

Même si je ne conteste pas le but pédagogique du programme que l'institutrice met en place, je sais d'avance que mon Tendre peut en ressentir un certain trouble.
Depuis tout petit et particulièrement depuis la naissance de son frère, mon filsaîné a developpé une vraie tristesse dès qu'il s'agit de la souffrance d'un enfant.
Il en pleure, trouve ça injuste, ne comprends pas et passe de longues minutes à nous en parler le soir avant de se coucher. Inutile de vous dire que nous ne le laissons jamais regarder les infos avec nous.

De plus, il y a 15 jours dans la voiture il m'a posé tout un tas de questions (qui m'ont quand même bien mis mal à l'aise) et j'ai senti que le moment approchait où il faudrait passer aux grandes explications.

Contexte: je reprends filsaîné ayant passé l'après midi chez la mamie et ayant joué avec un petit cousin: J
Dans la voiture il me dit: tu sais maman c'est quand même super de t'avoir!
Je suis assez émue de ce constat et je lui en fais part. Et il me dit, oui c'est super de t'avoir tout le temps et papa aussi, au même endroit.
Tu vois, J il n'a que sa maman et parfois son papa. Et encore, la plupart du temps il vit avec sa mamie car sa maman travaille beaucoup. C'est pas sympas pour lui. Son papa et sa maman n'avaient pas assez d'amour alors ils ont décidé de ne pas le garder.

Là je me dois de remettre les choses en place et je lui dis que si manque d'amour il y avait c'était entre le papa et la maman, mais que J était très aimé de ses parents.
Que les adultes peuvent tomber "désamoureux" mais que l'amour envers leurs enfants, n'en est pas alteré.
A quoi il me répond que puisqu'on peut ne plus aimer son conjoint on peut aussi ne plus aimer son enfant.
Mais non chéri, un enfant on l'aime toute sa vie, puisque c'est une partie de soi, on ne pourrait pas ne plus l'aimer.
Quelques secondes de réfléxion plus tard.... Oui, je suis une partie de toi puisque je suis sorti de ton ventre, mais papa lui il a rien à voir là dedans, donc il peut aussi un jour ne plus m'aimer...

Ahem..bon allons y pour les explications.

Au delà du fait que tu fais à jamais partie du coeur de papa et qu'il t'aime infiniment, papa aussi a contribué à ta naissance et à ta venue au monde puisqu'il t'a donné ses...euh cellules.
Ses cellules????? Comment ça???
Bah ... pour que la maman ait le bébé dans son ventre, le papa y a mis des petites cellules, ces cellules là se sont mélangées avec celles de la maman et la somme des deux a fait un bébé, qui grandit pendant les 9 mois dans le ventre de la maman et qui ensuite au terme de ce délai là, naît et devient le bébé, comme ton petit frère et toi l'avez été.

Et les cellules ça se donne comment?? Comme les microbes, si on respire le même air??
Euh non, disons que quand on s'aime très fort, les corps des papas secrètent des cellules spéciales et les corps des mamans sont prêts à les accueillir, et voilà le tour est joué.
Ah bon, c'est comme ça alors que ça se passe??? Donc si j'ai les cellules de papa et les tiennes, vous m'aimerez tout le temps, vous avez pas le choix, je suis une partie de vous deux??
Oui mon petit coeur, c'est exactement ça!

Ouf, je m'en suis bien tirée cette fois. J'ignore quand et comment, mais je suis sûre qu'il va revenir à la charge :o)

jeudi 15 mars 2007

Une femme c'est

Se réveiller en plein milieu de la nuit pour vérifier que son réveil est bien mis
oublier ses humeurs pour écouter les supplices d'un rhume meme pas prometteur
rassurer et encourager tout projet, même s'il vous défrise le bonnet

faire la sourde oreille aux vilains penchants pour la bouteille
ranger aspirer laver des kilomètres carrés, pour lui donner une maison bien rangée
plier et accoupler des milliers de chaussettes toujours dépareillées

taire des mots trop souvent parce qu'il y longtemps on en a fait le serment
sourire et plaire sans cesse pour que dans son coeur règne l'allegrèsse
des gestes des milliers de fois repetés pour parer à ses oublis et taire les hostilités

des cadeaux sans occasion précise et de l'indifférence quand votre annif il oublie en toute conscience
des mots doux des câlins de la fierté pour les enfants qu'il vous a donné
de l'indulgence des mots muets et des souffrances tues pour tenir le bateau et éviter les crues

mardi 6 mars 2007

Le passage

Légère angoisse au lever ce matin. Pas de retard, meme beaucoup d'avance pour un mardi.
Mon mignon rentrait à l'école pour la première fois.
Lorsque j'évoque le sujet tout en l'habillant il me répond par un "non pas envie"... qui ne me rassure point.
J'arrive devant l'école, il fait l'attraction pour les élèves qui sont déjà sur place et qui le connaissent assez bien pour le voir tous les jours amener son grand frère.
Fièrement il empoigne son petit sac à dos en forme de nounours, et rentre dans le bâtiment même si un peu méfiant.
Là l'instit (super entre parenthèses) l'attend, elle lui demande un bisou de bonjour et alors que je m'apprête à lui dire qu'il ne sait pas (ou ne veut pas) en faire, qu'il se contente de tendre sa tête pour qu'on y en appose un, il lui claque un bisou retentissant sur la joue!
J'en reste bouche bée!
Il rentre dans la classe, se dirige vers les jouets tout en me guettant de l'oeil, farfouille un peu dans les bacs pis tombe sur une vraie mine d'or à ses yeux: des tracteurs, des remorques et des playmobils thème ferme.
A partir de cet instant là, je n'existe plus, la classe non plus d'ailleurs.
Mon mignon est parti dans son monde de rêves et de jeux.
Je papote cinq minutes avec l'institutrice et ensuite me rendant compte qu'après tout, on a guère besoin de moi, je me sauve.
Je me penche sur mon mignon, lui fais un bisou et lui dis que je vais aller faire des courses et qu'ensuite je reviendrais le rechercher. A quoi il me répond sans me regarder: à tantôt maman!
Bref, voilà mon premier mardi depuis deux ans et demi, sans lui.
ça fait tout drôle et en même temps, je suis super fière de lui et contente de toutes ces heures (euh....j'ai réunion de 11h à midi et à 12.05 je vais le rechercher) où je pourrais ranger la maison, faire le ménage ou même soyons fous, lire un livre!

samedi 3 mars 2007

Foutue mémoire

Hier je faisais mes courses tranquillement quand j'entends une voix qui m'interpelle. Je suis sure de la connaitre mais pas moyen de remettre un souvenir dessus.
Je continue mes achats tout en regardant la jeune femme donc le ton de voix me rapelle vaguement quelque chose.
Au détour d'un rayon, elle m'aborde et me dit: on se connait non? on a travaillé ensemble?
Là en un instant ça me revient: ah mais oui! effectivement, y a de ça onze ans, on a bossé dans la même grande surface, elle arrivée avant moi, était partie un peu après que j'ai été engagée.

Bref une nana sympas comme j'en avais le souvenir, on papote, on essaye de retrouver le nom de celles et ceux qui bossaient avec nous. Onze ans à se remémorer, moi qui sais à peine ce que j'ai mangé hier soir.
Pis elle me demande qui était le boss au moment où j'étais là.
Je lui dis, bah c'était Monsieur P, tu sais sympas mais un peu spécial, lunatique, il s'était fait virer d'ailleurs, je sais même plus pourquoi.
Et là je vois le regard qu'elle me lance, mi interrogateur, mi méfiant.
Je me pose pas trop de questions, je préfère pas approfondir cet air de méfiance qui vient d'intégrer notre conversation jusque là amicale.
On papote encore 5 minutes, pis on se dit au revoir, à une prochaine.

Je sors du magasin, je range mes courses et dans la voiture le flash!
Cette nana avait couché avec le patron en fait, et ça s'était su et ils avaient tous deux été virés comme des mal propres...
Et moi comme la reine des nouilles, j'avais complètement oublié!
Je comprends mieux maintenant sa méfiance.
Je le raconte à mon mari hier soir et lui de me dire que c'est tout moi ça, d'être distraite et d'oublier quasi au fur et à mesure ce qui se passe.
J'espère qu'elle a pas cru que je me moquais d'elle..on avisera si jamais on se revoit.
Bref, après coup l'épisode m'a semblé assez drôle, elle a vraiment du croire que je faisais l'innocente.

mercredi 28 février 2007

Tous ces autres qu'il est

Voilà, je l'avais dit depuis longtemps pis j'ai toujours trouvé autre chose à dire ou à faire. Mais là je m'y mets.

Mon époux, depuis bientôt onze ans, est quelqu'un de réellement solide, je crois que si un mot devait le définir, c'est celui là. Taillé dans la pierre, avec ce que ça a de consistant mais aussi d'intransigeant, il est honnête par dessus tout et rien ne semble l'ébranler.
De cet aspect de sa personnalité, découlent des autres traits parfois un peu durs à supporter: le manque d'écoute, le manque de dialogue et la sensibilité très très bien cachée, ce qui rend les relations assez compliquées.

Il est l'aîné d'une famille aisée de quatre enfants. Rien ne lui a jamais fait défaut et même si on a fait preuve d'exigence envers lui dans ses études, on ne lui a jamais rien refusé ni reproché. ça donne donc quelqu'un d'assez sur de lui et peu soucieux la plupart du temps, des gens de son entourage.
Néanmoins, ces facilités auraient pu lui donner envie de se laisser aller dans son boulot et de ne pas trop s'en faire. Or il est courageux comme personne, et je dis toujours que quand ses ouvriers bossent dehors et ont de la boue jusqu'aux genoux, lui en a jusqu'aux épaules!
Il a repris avec son père l'entreprise familiale et il s'y consacre sans compter. C'est un projet, une oeuvre qu'il entend (qu'il doit) mener à bien. Fut ce au détriment de sa famille.

C'est un homme taciturne mais de sang chaud. Donc très extrême dans ses réactions. Il a des avis très précis sur tout un tas de sujets et il est or de question qu'il s'en dévie.
D'autre part, il est, de son propre aveu, d'une mauvaise foi surprenante et a énormément de mal à s'excuser ou à avouer qu'il a eu tort.

Il est issu d'une famille très nombreuse et même si aimante, très "taiseuse" comme on dit par chez nous. On tait ses douleurs, ses peines et même ses joies.
Il lui est donc compliqué de vivre avec une femme qui aime discuter, analyser et communiquer.
De plus, j'ai un passé très lourd du point de vue familial et lui peu habitué aux difficultés, a du mal à le comprendre ou à m'aider à le surmonter.

J'ai de mon coté beaucoup de mal à demander de l'aide et lui de son coté, beaucoup de mal à en offrir, ce qui résulte des solitudes extrêmes dans un couple où on est censés être deux.

Je ne voudrais pour rien au monde qu'on en dise du mal parce qu'on l'a mal perçu au premier abord en ours mal leché ou parce qu'on ne le connait pas. C'est quelqu'un de juste et loyal, qui fait je pense tout ce qu'il peut, mais mal ou trop tard.
Communiquer il ne sait faire, consoler ça le gêne, trouver des vraies solutions, c'est compliqué.

C'est un papa aimant, comme je n'en ai jamais connu. Présent également à sa façon. Il fait des tonnes d'efforts pour les mener là où les parents se doivent d'emmener leurs enfants, mais je pense sincèrement, sans me lancer des fleurs, que si j'étais pas là, la plupart du temps pour arrondir les angles, on passerait notre vie à aller au clash avec les petits, surtout avec mon aîné.
Quand il rentre d'une journée particulièrement dure, il leur parle comme à ses ouvriers, de façon brutale et directive, contre quoi, évidemment les enfants se rebiffent.

C'est un homme que je respecte profondément, même si, malgré lui?, il ne parvient toujours pas à me combler. Mais je l'admire et limite l'envie, de traverser la vie avec autant de facilité.

Voilà pour le portrait, sans vitriol parce qu'il ne le mérite pas, de celui qui m'accompagne.

jeudi 22 février 2007

Comme mon ombre

Elle doit me poursuivre et me coller depuis aussi longtemps que la cigarette je crois.
Elle n'est pas odorante ni visible mais toute aussi nocive.
La culpabilité.
J'ai pourtant acquis avec les années une certaine confiance en moi, je ne doute plus de la même façon, ou du moins plus sur les mêmes sujets. Mais certains restent.
C'est le constat effarant que j'ai encore fait le week end passé.
Repas familal chez nous, ici à la maison.
Convives: mes parents et mon frère. Si vous avez suivi un peu ce blog, vous savez quelles relations ambigues et douloureuses je peux entretenir avec l'entiéreté de mes invités ce jour là.
Néanmoins, j'essaye de préserver les apparences et je sais que mes parents ont énormément besoin de ces moments s'apparentant à la normalité pour tenir.
Fin du repas, alors que je m'active au salon pour ranger un peu ce que les enfants avaient fait comme bazar, et aussi comme d'habitude et en toute discrétion, m'échapper de l'ambiance pesante que j'ai du mal à supporter, mon frère me rejoint.
Avec, comme toujours, la même phrase. "j'aurais besoin d'un coup de main"
Comme ce n'est ni la première fois, ni la dernière, ni le moment, ni même le bon mois, je lui dis "non"
Et alors que j'aurais pu me contenter de lui dire simplement non, je ne peux pas ou que je ne veux pas, je me mêle d'argumenter. Pourquoi me direz vous? j'ai pas à me justifier.
Bah si j'en ai besoin et je crois que le mois ne m'a pas encore apporté mon soul de conflits car non seulement j'argumente mais en plus j'étale largement le pourquoi du "non"
Evidemment, le sujet de mes parents revient sur le tapis. Le fait qu'il les saigne à blanc tous les mois, eux qui ont à peine de quoi subsister. Le fait qu'indirectement c'est moi et ma famille qu'il saigne aussi financièrement, puisque tous les mois une partie de mon salaire est versée sur le compte de mes parents pour les aider.
Le fait qu'il a une vie faite d'emmerdes grosses comme des maisons, dans lesquelles meme avec la meilleure volonté du monde, vous ne sauriez vous fourrer.
Qu'il a l'art de les bouffer à petits feux et qu'il les fera crever.
Bref j'y vais à fond, ça me sort sans meme que j'ai à bouger des lèvres. Tout ce que mon coeur renferme depuis des années, sort comme dans un torrent de paroles que je ne peux arrêter.
Et lui royal, très calme me dit qu'il n'en peut rien, qu'il est malade, que la vie est dure pour lui aussi, que mes parents ont le devoir de l'aider puisqu'il n'est mentalement pas apte à se gérer seul.
Qu'il comprend que je sois revoltée, mais que c'est parce que je me sens coupable de ne pas réussir à les sortir de là, que je réagis comme ça. Et il a pas tort, mais ça me révolte d'autant plus que c'est comme ne pas entendre ce que je lui reproche mais bien retourner ça contre moi.
Je m'énerve devant sa suffisance, je me jure de ne pas me laisser avoir, je sais qu'il est malade mais je suis convaincue qu'il est beaucoup trop facile de se réfugier derrière tout ça pour disculper tous ses mauvais choix.
La conversation dure et dure. Ma mère vient aux nouvelles, bientot suivie de mon père.
Et là, elle me tombe dessus. La culpabilité.
Je vois dans les yeux de ma mère tellement de peine, tellement de chagrin que je craque.
Et je pleure tout en lui disant que c'est pas normal ce qu'il leur fait subir, que je sais que c'est dur pour lui mais qu'il doit mettre de l'ordre dans sa vie sinon il va me les faire crever.
Et ma mère, ma pauvre mère, hoche la tête et murmure: "mais ça va aller tu verras"
Et je culpabilise encore et encore.
De ne pas pouvoir les assumer entièrement, ne pas pouvoir les envoyer en vacances et les abriter de tout soucis. Je culpabilise même d'être désagréable avec lui et de par là meme, lui infliger du chagrin.
Et j'ai mon autre moi, celui qui est fort et désinvolte qui dit:" mais enfin après tout ce qu'il a fait, tu continues à te laisser amadouer"! et mon moi, le vrai et le seul dit: "bah oui, mais que faire, je me sens si coupable"
Et Dieu que je déteste ce moi là.

Des vertes et des pas mûres

Alors que le printemps est quasi à nos portes en ce mois de février, faisant rougir nos vergers bien en avance, voilà que ces quinze derniers jours j'en ai vu des vertes et des pas mûres.
Y a des jours ou des semaines comme ça où on a l'impression que tout s'écroule et qu'on ne saura pas s'en remettre, à tort évidemment (et heureusement).
Petite histoire: vous portez un amour sans bornes à votre belle-mère. Vous seriez prête à vous couper un bras pour lui faire plaisir. Arrive son anniversaire, vous avez des idées plein la tête pour une fête réussie avec toute sa famille. Vous vous démenez, faites des recherches sur ce qu'il serait possible de faire, vous vous faites toute une joie à l'idée de ce que ça va donner.
Comme vous n'êtes que la belle fille et qu'il y a 4 enfants, vous soumettez bien entendu le projet.
Votre belle-soeur vous dit que c'est pas faisable pour toutes sortes de raisons (pas à tort d'ailleurs) et que ça va être trop compliqué.
Bon bah tant pis, un peu dépitée vous laissez tomber l'affaire et vous vous dites que vous concrétiserez le dit projet dans quelques mois quand on fera un anniversaire commun avec votre beau-père.
Quelques jours avant l'anniversaire, vous apprenez par grand hasard que vous êtes conviée à une petite sauterie qui aura à peu de choses près le même déroulement que celui que vous aviez proposé...
Comme vous n'êtes pas non plus du genre à vous imposer, vous ne dites rien, participez à la petite fête (fort bien organisée d'ailleurs) et fermez votre clapet...
Début février voit approcher la date du fameux anniversaire belle-mère/beau-père.
Forte de votre expérience passée, vous ne ditez rien et attendez que les autres proposent quelque chose pour une quelconque organisation.
Vous recevez alors un mail (commun à tous les invités) demandant instamment que l'on bloque une date pour fin février, car il se déroule alors une méga teuf, avec animations soirées etc.
Il se trouve que vous n'avez été avertie de rien, qu'à cette date là vous avez un repas prévu de depuis longtemps et que votre mari non plus n'a pas été averti, or c'est un des 4 enfants...
A la réflexion, le sang chaud déjà écoulé, je laisserais tomber, ça me ferait de la peine mais je n'approfondirais pas spécialement le sujet.
Or il se trouve que le jour où j'ai reçu le mail, faisait suite à une soirée de discussion peu amène avec mon conjoint pour toutes sortes de problèmes communs, et que la semaine avait été particulièrement difficile point de vue familial avec mes parents donc j'ai explosé...
C'est étonnant avec quelle puissance la déflagration a eu lieu.
Une colère immense teintée de déception m'a envahie comme quand j'étais enfant et que je trouvais un comportement particulièrement injuste.
Le chagrin m'a submergée par vagues me laissant complètement anéantie, alors que là en l'écrivant je trouve ça totalement disproportionné.
Pendant deux jours j'ai eu l'impression de pleurer un deuil vieux de 30 ans.
Probablement même, tous les deuils que j'avais peu pleuré.
Je suis quelqu'un d'un naturel calme. J'ai une voix suave et posée, un ton uniforme qui apaise (on me l'a dit très souvent) mais là je crois que j'étais pas loin de partir dans les ultra-sons.

Je connais l'élément déclencheur et évidemment je comprends le mal fait, mais je ne m'étais pas rendue compte que j'avais été brasser des choses profondément enfouies.
Bref il m'a fallu deux jours pour m'en remettre, j'ai eu beaucoup de mal et j'en garde une vraie peine car le sujet me tennait particulièrement à coeur.
Mais j'ai eu des excuses sincères de mes belles-soeurs, toutes désolées de ce qu'elles avaient fait (sans mauvaise intention réelle j'en suis convaincue), une remise en question totale de l'organisation de la dite fête et une sereineté presque retrouvée.
Finalement pêter un câble ça fait un bien fou!

Evidemment, on ne va pas se plaindre non plus mais du coup (et c'est bien fait) je me retrouve avec un discours à pondre et pour lequel je suis incapable d'aligner deux mots, une organisation de ouf à préparer et des tonnes de nourriture à cuisiner...

Je pourrais dire que ça m'apprendra à la fermer mais ça m'a fait tellement de bien, que je ne regrette rien.

(voilà en partie le pourquoi de mon absence ici, que certains - j'espère - auront remarquée)

lundi 12 février 2007

Tout était normal

Certes le peu d'heures de sommeil du week end me donnaient un teint enfarinné du plus bel effet mais étant en congé, je ne m'attardais pas trop devant le miroir pour constater les ravages.
Certes la nuit avait été courte, car ne voulant faire mentir la météo, le vent et la pluie avaient tambouriné toute la nuit contre les vitres de la chambre de mon Mignon, entraînant ainsi son réveil dix fois en deux heures.
Certes dormir avec un petit loup de presque deux ans et demi, aussi remuant la nuit que le jour, n'est pas de tout repos et encore je parle pas des coups de coude ou autres pieds en travers du nez.
Mais pourtant tout était plus ou moins "under control".
Et pourtant, alors qu'emmitoufflés dans des manteaux, écharpes et autres bonnets, nous nous apprêtions à partir, le hic se posa...
La porte était fermée à clé, la clé était dans la voiture, la voiture devant chez nous dans la rue et la rue, rendue inaccessible par le fait même de la porte fermée. Boucle bouclée.
Les jokers étant assez restreints, genre clé de rechange, je ne pus faire appel au public, composé souvenez vous de 2 enfants dont un ravi de l'aubaine, imaginant déjà rester à la maison toute la journée et le deuxième profitant de la confusion générale pour retirer ses chaussures et manteau, que j'avais mis un temps fou à lui enfiler...
Je ne pus pas non plus user du 50/50, n'ayant pas Jean-Pierre Foucault sous la main.
Il me restait alors l'appel à un ami...
"oui chéri bonjour c'est moi, ça va bien?"
"oui ça va, et toi la forme? chançarde t'es en congé"
"euh oui, dis j'ai un léger soucis..mes clés sont dans la voiture"
"oui et alors?"
"bah disons que si je veux récupérer les clés faut que je sorte de chez nous"
"........"
"oui c'est ça, t'as compris le problème"
"bon ok, j'arrive"
Et voilà comment une émission de télé a sauvé ce matin mon fils d'une absence à l'école (bien malgré lui, disons le) et comment j'ai évité de me taper le chemin aller retour, me permettant ainsi d'éviter force vents et pluies.
Je m'en tire pas trop mal finalement :o)

samedi 10 février 2007

Comme de bien vécu

J'entretiens avec mes enfants des rapports de camaraderie, j'adore rire avec eux et les faire rire de mes âneries. Probablement car ce sont les seuls à rire de mes blagues, ils constituent mon public preféré. (faut dire que parfois je peux rire de blagues à deux sous voire moins, au grand désespoir de l'assistance)
Mais parfois je m'amuse à rire d'eux..non pas méchamment mais parce que je dois être un brin cruelle.

Quelques exemples (qui font quasi encore mouche à chaque fois)

- Maman, y a X qui m'ennuye! - C'est rien chéri, pour sa peine il dormira pieds nus ce soir! (l'enfant repart ravi que la maman ait trouvé une punition à la hauteur du méfait - pour ensuite revenir avec un petit sourire disant: mince je me suis encore fait avoir)

- Mama? Mamaaaa?? (pour la 32ème fois en 5 minutes)
Ouiiii petit coeur?
Moi veu joué, avé machine é tateur, é dadé Bob ponge carré, et joué plaicine, et allé dan bain et touné manège etc etc
(en gros il veut que je vienne assister à toutes sortes d'activités ludiques: jouer avec ses machines et ses tracteurs (il est passionné), aller regarder Bob l'éponge Carrée (si au sein de votre foyer vous y avez échappé à ce dessin animé là, faites une Neuvaine à Sainte Claire pour la remercier), ensuite dans la seconde qui suit il aimerait jouer avec la plasticine et en même temps aller dans le bain pis aller faire un tour de "tournez manège" càd s'assoir dans un siège made in Ikea qui est dans sa chambre et tourner à toute berzingue en riant comme un fou)
Bref il veut que je m'occupe de lui...
Moi étant en train de lire/révâsser/faire la cuisine/repasser/blogger, je n'ai que moyennement envie de tout quitter alors je lui dis:
"écoute chéri va voir si maman est au salon et demande lui de jouer avec toi"
Alors il part en trotinnant, arrive au salon, m'apelle, cherche derrière les portes et pis revient le front soucieux en me disant: A pas touvé!!?
(j'ai gagné 5 minutes, j'ai bien ri mais après je dois quand même m'y coller)

- Maman, je ne sais pas ce qui se passe, j'avais posé ma Game Boy là sur la table et elle a disparu!
Normal chéri, je l'ai vu partir à vélo y a une demie-heure.

- Maman, mais pourquoi c'est toujours moi qui dois aller mettre mon linge au linge sale, papa il le laisse bien traîner lui (pas faux)
oui chéri je sais, mais c'est toujours sur les plus petits qu'on sprotche

- Maman, qu'est qu'on mange??
euh chéri on est dimanche là, tu sais bien que le dimanche tu manges pas!

- Mon aîné est un éternel distrait, il n'écoute pas ce qu'on lui dit, il entend mais il imprime pas. C'est mignon un temps, mais après au quotidien c'est franchement lourd.

"Chéri tu montes te brosser les dents, mettre ton pyjama, ton linge sale va dans la salle de bains, tu te couches déjà et tu attends que je vienne te faire le bisou"
l'enfant devant la télé me dit : mouiii ...
je coupe la télé et lui demande: je viens de dire quoi?
euh euh (bredouillant) que je dois aller faire mes devoirs???

"Maman Maman elle se trouve où ma housse?"
(mon aîné avait pour doudou étant petit, deux coussins, oui certains ont des nounours, d'autres des peluches, moi je me coltinais deux coussins taille 40 cm - avec les années, un des coussins a subi un malheureux accident de machine à laver et s'est complètement dechiré perdant tout son intérieur, il ne restait donc que son jumeau qui au fil des ans est devenu un morceau de tissu que l'on apelle communément housse - qui disparaît tous les jours (jamais définitivement hélas) et qu'il faut chercher par tout temps)
"cherche dans les endroits habituels: ta chambre, salle de jeux, enfoui dans un fauteuil, sur la poubelle de la toilette (...), sur les escaliers etc
Les recherches se poursuivent et pas de trace de l'immonde tissu...
Le soir pendant la préparation du repas, en ouvrant le frigo je vous laisse deviner ce que j'ai trouvé dedans...

Je possède pas moins de 12 bonnets pour mon fils aîné, 7 boîtes à tartines, 4 manteaux d'hiver, 3 maillots de bain et bonnets de piscine et autant d'équipements de gym..
Car comme il ne prête aucune attention ni à ses affaires ni à ce que je lui dis, et que ceux/celles qui sont chargés de le récupérer à l'école pendant que je bosse, sont faits dans le même moule, je me retrouve souvent sans les accessoires sus nommés...
Quelle n'est pas ma joie de récupérer fin de semaine, 3 boîtes à tartines oubliées à l'école avec du pain mutant capable de parcourir de lui même un 100 mètres, ou un sac de piscine avec des affaires totalement moisies...
je vous jure parfois je suis pas aidée ...

Toujours dans les étourderies de mon fils...
A l'heure des devoirs, il doit être le seul enfant à ne jamais ramener le bon cahier...
Il a, heureusement pour lui, hérité de son papa, car il traverse allègrement les années, sans ramener les bonnes feuilles à étudier, les bons devoirs à faire et encore moins la liste de matière à étudier pour les examens.
Je suis d'ailleurs une grande habituée des coups de fils aux autres mamans pour demander ce qu'il faut faire pour le lendemain.

Au délà du fait d'être étourdi, il papote, raconte, explique avec force gestes et paroles, tout ce qui lui passe par la tête pendant les cours...
En première année primaire, un jour en discutant avec lui j'apprends que toutes les semaines, tout le monde change de place dans la classe et je m'aperçois alors qu'il est le seul à ne jamais bouger. Je demande alors un jour à l'institutrice le pourquoi de la chose.
Elle me dit alors qu'elle aime avoir mon fils sous ses yeux, donc le banc juste devant elle, et faire ainsi pivoter toutes les semaines la classe entière, pour trouver enfin un petit camarade avec qui mon fils ne papoterait pas de sa vie toute entière.
En gros, toutes les semaines il avait un nouveau compagnon à ses cotés, mais comme le résultat n'était jamais satisfaisant, la semaine d'après elle changeait...

Je m'étonnais aussi du fait que ses crayons de couleur se réduisaient en taille comme peau de chagrin m'obligeant à les renouveller sans cesse. Là aussi la brave institutrice m'expliqua, que étant en première année, ils avaient le devoir de rester assis, contrairement à la maternelle où ils pouvaient se lever et aller plus ou moins à leur guise dans la classe.
Mon aîné avait alors trouvé comme prétexte de se lever pour aller tailler ses crayons, et ce 6 à 7 fois par jour...d'où le budget qu'il fallait allouer aux crayons....
(cette institutrice était une sainte femme, moi je vous le dis - comme d'ailleurs toutes les institutrices je pense)

Je me rends compte que je pourrais en parler des heures mais blogueuse n'étant pas un métier, j'ai des dossiers qui m'attendent, je vais donc en écrire juste une petite dernière

Mon Mignon (deux ans et demi bientôt) adore tout ce qui est nourriture que l'on peut malaxer, huile que l'on peut renverser, expériences douteuses sur le régime strict des lecteurs vidéo à base de tartines de nutella etc

Récemment (hier soir) pendant que je débarassais la table, que leur papa travaillait à la cave et que je les pensait en sécurité à l'étage en train de jouer aux playmobils (et croyant, innoncente que je suis, que l'aîné jettait un oeil sur le plus jeune), j'ai d'abord entendu :
"ouahhh qu'est ce que t'as fait!!!???"
"attends, bouge pas, on va nettoyer"
"ahhh maman va nous tuer"
"non bouge pas, euh...maman???mamannnnnnnnnn?" euh viens vite s'il te plaît"
je monte quatre à quatre, la peur au ventre...
j'arrive et je vois mon plus jeune un flacon de Zwitsal huile pour le corps de bébé en main, luisant comme une boule à facettes seventies, dégoulinant d'huile bien grasse sur laquelle étaient collés des carrés de ouate à démaquiller

le tout, le sourire aux lèvres évidemment...

jeudi 8 février 2007

Les feuilles mortes

Passent les heures et les journées
sans que je prenne le temps de les écouter
toutes ces lettres qui s'emboîtent et forment
le souvenir d'un quotidien très dans la norme

mes jambes portent ma vie rythmée
ma tête accueille le tempo effréné
pas un instant pourtant je ne cesse
d'envier ces instants de secrète messe

ceux où je vous dévoile mes boîtes noires
où je livre comme à aucun des miens, mes déboires
ceux où mes mains prennent vie et sont en liesse
de parcourir ce clavier qui du gris les déleste

mais aussi ces tranches de vie que vous offrez
comme des présents d'un Noël oublié
qui le temps d'un billet m'apportent l'illusion
d'avec vos maux être en communion

j'aime les ROUgeurs de certains
j'aime les quotidiens des rouQUINS
je rafole de cotôyer ses mouTONS
je m'inspire de ses éMotions

une narre le PORtugal et ses états d'âme
une autre me ravit avec sa DOuce flamme
tous me chavirent à leur manière
et j'en oublie bien des compères

c'est juste que la rime m'abandonne
et l'inspiration se fait boufonne
mais je voulais quand meme vous dire
que votre présence, vaut bien un empire.

jeudi 1 février 2007

Ah les blondes...

Bon, je vais moi aussi y mettre mon grain de sel et essayer de donner mon avis sur le sujet, épineux s'il en est, sur cette fameuse loi anti tabac. Epineux, car il y en aura toujours des pour et des contre, des moderés et des intolérants.
Je suis moi meme fumeuse depuis bien trop longtemps. Je ne fume jamais dans mon bureau, d'abord par respect envers un patron non fumeur et un collègue ex fumeur, ensuite parce que l'odeur en elle meme dans un espace restreint me dérange.
A table (si je me trouve dans un lieu fumeur), j'attends toujours que les personnes m'accompagnant aient terminé leur repas, je ne me permets jamais de fumer dans un lieu classé non-fumeur et jamais je ne fume chez des non-fumeurs, sauf si eux-mêmes me le proposent. Je respect entièrement le droit de celui que la fumée insupporte, comme je respecte au jour le jour et dans toutes les circonstances, mes semblables.
Cette loi aura du bon si d'une part elle libère les non fumeurs des nuisances odorantes et autres qui pourrissent leur quotidien, d'autre part elle sera de mes deux mains grandement applaudie, si certains arretent definitivement ou meme diminuent leur conso.
Là où le bas blesse à mon sens, est cet effet de nouvelle à échelle nationale et les extrêmes que cela genère. Hier encore à la télé, on montrait des propriétaires interdire les gens de fumer chez eux sous peine d'exclusion ou encore au Japon des rues entières non fumeurs (sous peine d'amende avec police anti tabac et tout l'attirail).
A quand des brigades de gendarmerie dans les rues pour donner des contraventions aux obèses usant de manière anormale le sol qu'ils foulent ou des flicquettes apostrophant les gens de taille anormalement grande, car ils empêchent leurs semblables plus petits, de jouir du paysage?

Si la démarche de l'état reste honorable sous le couvert de veiller à la santé des non fumeurs et réconcilier avec la vie, celle des fumeurs, la démarche me laisse un peu songeuse.
Je n'aime pas être reléguée dans une case qui est celle des fumeurs, pollueurs et qui dérangent.
J'ai de l'éducation et du respect, et je sais m'y tenir.

Oui, on pollue, oui on dérange notre entourage et oui on est sûrement dangereux.
Oui on coûtera peutêtre très cher à la sécu si d'aventure on réussit à vivre longtemps avec son cancer. (Stats: chaque cigarette fumée abrège la vie de 11 minutes, on estime la perte moyenne d'espérance de vie à 20 ans, sachant que la plupart du temps cela se termine par une mort avant 65 ans - ce qui à peu de choses près est l'âge de la pension que l'on ne verra jamais et pour laquelle nous avons économisé toute une vie)
Et oui hélas, trois fois hélas, ce n'est pas qu'à notre vie qu'on porte atteinte mais bien à celle de tout notre entourage.
Mais le vrai passage obligé ne serait il pas seulement dans le mot "éducation"? Si on avait depuis le début oublié les gains exorbitants que cela génère, l'équilibre économique qu'il aurait fallu réinventer avec des vraies mesures et des vrais efforts d'état, on aurait surement pu trouver un compromis.
Pourquoi ne pas changer (à échelle mondiale) la composition de la fabrication des cigarettes, de manière à la rendre moins nocive, et la délester des matières telles que acétone, méthanol et autres arsenics, destinés à rendre tout fumeur accro de sa blonde ou brune?
Pourquoi depuis toujours ne pas avoir respecté les droits des non fumeurs? Est ce seulement les fumeurs qui ont depassé les bornes? ou l'état qui pendant des années a laissé faire ou même incité à faire?
Si depuis toujours la plupart des lieux publics prévoyaient de manière obligatoire un espace hermétique dedié à la fumée, si depuis toujours on avait mis en avant des vraies campagnes anti-tabac plutôt que nous laisser nous extasier sur le beau cowboy de chez Malboro, en sera t on là?

Nous sommes le 1er février 2007, la cigarette a bien du apparaître en France vers le 19ème siècle. La société SEITA (Société d'exploitation Industrielle du Tabac et des Allumettes) a d'ailleurs été créee en 1926, dans le but premier de renflouer les caisses de l'état mises à mal après la Première Guerre Mondiale.

Les pays scandinaves, précurseurs de tous bords, ont depuis bien longtemps alerté les pouvoirs publics et discipliné leurs habitants.
La presse américaine fait depuis de longues années ses choux gras sur le dos des cancéreux en phase terminale qui attaquent les grosses sociétés de tabac en justice, pour réclamer des dommages et intérêts.
Pourquoi donc alors que l'on se veut un pays discipliné et en avance sur son temps, a t on mis si longtemps à prendre des mesures radicales à l'encontre des fumeurs?
M'est avis que les 82% du prix du paquet de cigarettes que l'état met en toute bonne conscience dans sa poche, n'y sont pas étrangers.

Ce post ne va sûrement pas me faire des amis mais je tennais vraiment à en parler, car je suis concernée ainsi que vous, et donner mon avis fait partie de mes droits (non pas de fumeuse, mais de citoyenne) et par la suite écouter le votre, fait partie de mes devoirs.

dimanche 28 janvier 2007

Projets

Pour un intérieur bien rangé, attelez vous à mettre de l'ordre dans votre extérieur.
Quand j'ai la tête un peu embrouillée, il me faut compartimenter, nettoyer, ranger, confectionner mon chez moi, ça me rassure.
Cette semaine a été un reflet parfait de cet état d'esprit.
Je me suis mise en tête de revoir l'emplacement, la déco et l'arrangement de chaque pièce de la maison.
Alors je feuillete les catalogues, je cherche des idées, je bouge des meubles, je fais des essais, bref je m'occupe les idées.
Première cible, la chambre de fils aîné. Je voulais changer la déco ou du moins l'accentuer car rien n'était vraiment établi, à part des chouettes couleurs au mur.
Première étape, aller chez les fous de suédois, acheter des petits meubles pour ranger tout un tas de bricoles qu'un enfant affectionne, des décos rigolotes pour les murs et une nouvelle housse de couette aux tons chauds.
J'y ai mis des heures entières, frottant, rangeant, astiquant mais le résultat est là: au délà d'une belle chambre dans laquelle il se sent bien, je me suis couchée tous les soirs ereintée mais d'une vraie fatigue, de celle qui permet à mon corps de lâcher prise la tête à peine sur l'oreiller sans avoir d'idées noires.
De plus, la sensation d'avoir fait des choses par moi-même et fière du résultat.
Je suis sans cesse admirative de ces blogs créatifs où les mamans passent des heures à confectionner des habits, des plaids, des broderies, de la déco maison...moi qui suis bien maladroite de mes deux mains gauches, je me trouve bien en émoi quand je réussis à donner belle allure à des objets ou des pièces, sans avoir eu recours à des professionnels.
Et vous comment vous occupez vous l'esprit quand votre intérieur tourne en rond (ou pas rond)?

mardi 23 janvier 2007

Nouvelles technologies

A l'ère où on s'envoie un sms pour souhaiter ses voeux, qu'on envoie un email à son collègue de bureau 2 mètres plus loin, j'avais commencé à étudier l'hypothèse d'acheter un portable pour mon fils aîné (9 ans depuis peu)
Alors qu'on arrivait à la conclusion avec son papa qu'il était bien trop tôt pour qu'il sache (non pas s'en servir correctement car je ne doute pas un instant qu'il aurait compris en un éclair le fonctionnement de la chose) comment gérer les coûts et l'utilisation parfois abusive d'un téléphone personnel, par un beau soir de décembre, ma belle famille décide de lui offrir en cadeau commun, un portable.
J'ai trouvé ça extrêmement gentil et je suis sincèrement contente pour lui, même si ça va un peu à l'encontre des principes d'éducation que j'avais mis en place.
On passe sur la joie, les cris, les bisous distribués à tout le monde, les sauts de cabri toute la soirée, bref ce pré ado a l'air content.
Ensuite viennent des questions un peu plus sérieuses, genre: ai je du crédit, puis je m'en servir, c'est quoi mon numéro, vite introduire des supers images dans l'appareil, qui pourrais je bien apeller etc etc
Il s'avère que ma belle maman qui avait été acheter le cadeau avait pris un modèle avec une carte prépayée de 5 euros.
Le soir même, une fois des numéros dans la mémoire de la bête, fils aîné envoye son premier message à un de ses meilleurs amis.
"coucou, c'est moi, tu vas bien?"
réponse: té ki toi?
"je suis *filsainé*, j'ai reçu un téléphone, prends mon numéro"
réponse: sé sa, je vé te kroir..
"si je te promets, c'est moi, apelle moi si tu veux"
(l'ortographe de mon fils n'a pas été changée mais avant d'envoyer ses messages il me demandait de le corriger, et n'ayant pas encore connaissance du langage sms, il utilisait encore des vrais mots existant dans des dictionnaires, ce qui je ne doute pas, risque de changer d'ici peu)
Le bref échange épistolaire de grand cru terminé, la question lui vient de combien a bien pu lui coûter la conversation. Vérification faite: 2 euros. "ouahh c'est trop cher, c'est pas possible"! Bah si chéri et ce sera encore pire depuis chez nous (pour la petite histoire je suis frontalière, et donc mes coûts téléphoniques avoisinent parfois le PIB d'un petit pays d'Afrique. Tous mes messages et appels passant toujours par le roaming international)

Le lendemain après l'école, je récupère l'enfant dûment muni de son portable, et je me rends compte qu'il a une triste mine.
Et oui il n'a plus de crédit.. il avait trouvé qu'il serait sympas d'apeller sa mamie (sur un fixe donc) avec qui il est resté longtemps au téléphone, essentiellement à lui expliquer (elle qui a 73 ans, qui perd parfois un peu la carte et pour qui l'usage du Gsm s'apparente à envoyer des fusées sur Mars), qui il était, pourquoi il l'apellait (ce qu'il ne savait pas spécialement), et que non il n'y avait aucune catastrophe majeure dans la famille qui justifiait le fait que son petit fils l'apelle.

Le lendemain, avec son argent de poche, il décide de recharger sa carte de 10 euros. Soit.
Fin de journée, je reçois un appel de ma meilleure amie. Dis donc je savais pas que *filsainé* avait un Gsm.
Bah oui, belle famille, cadeau etc. Comment l'as tu appris?
Bah il m'a appellé, j'étais dans le train (à l'étranger), beaucoup de bruit je comprennais pas tout mais voici le résumé de l'appel:
FA:Bonjour
MA:Bonjour
FA:Tu vas bien?
MA:Euh oui, qui es tu?
FA:Bah c'est moi *Filsainé*
MA: Ah!! et tu apelles pourquoi??Il est arrivé quelque chose? (oui j'ai un entourage de gens stressés...)
FA: Ah non tout va bien, mais comme j'ai reçu un gsm pour mon annif alors je t'apelle.
MA:Ah bah c'est bien, je note ton numéro comme ça.
FA/Ah oui c'est une bonne idée ça.
MA: Je suis contente que tu m'aies apellé mais vaudrait mieux que tu raccroches tu uses tous tes crédits tu sais loulou.
FA: Ah oui c'est vrai, m'enfin c'est quand meme sympas d'apeller avec son téléphone...T'est où au fait?
MA: dans le train...
FA: ah et tu vas où???
MA: je vais à ***** pour mon boulot
FA: Ah?? et c'est bien ton boulot? bla bla bla bla bla bla bla bla bla

Le soir:
Mamannnnnnnn (voix de desespoir), il ne me reste plus que 3 euros sur mon gsm :o((((

Je décide alors de le sensibiliser aux coûts mais pour ne pas le désespérer, je change sa carte prépayée en un autre fournisseur (le même que quasiment nous tous, pour économiser) et je souscris à une formule un peu spéciale.
Chéri, dorénavant, tes textos son gratuits pour peu que tu sois en **** (du bon côté de la frontière), après 16 heures ou les week ends.
Chic alors maman, je pourrais envoyer plein de textos à *** après 16 heures.
Oui mon coeur.

Le lendemain, encore: maman maman après 16 heures, je t'enverrais plein de messages au bureau, puisque c'est gratuit.
D'accord chéri.

15.30: je lui envoie moi même un message lui demandant si tout va bien, si l'école ça a été et si le petit frère est en forme.
16.01: je m'attends à recevoir un message: rien
16.20: toujours rien
16.45: rien
17.00: nada
17.15: je le récupère. Et lui demande pk il ne s'est pas servi de ses sms gratuits.

Mais maman! J'avais plein de choses à te dire et plein de messages à t'écrire mais avant 16h, après je savais plus quoi te dire, alors j'ai pas voulu gaspiller pour rien dire donc j'ai rien envoyé...

Je crois qu'il est pas encore mûr pour la communication...

samedi 20 janvier 2007

On ne fait plus l'amour

Non ceci n'est pas un titre racoleur dédié à des milliers de requêtes Google, mais bien une réalité.
Beaucoup de couples après un certain nombre d'années de vie commune, se laissent envahir par le quotidien, les enfants, la réalité de l'autre, les frustrations et en oublient de laisser la parole à leur corps car leur tête prend le dessus.
L'émoi d'un premier baiser, le frisson d'une première caresse maladroite, le palpitant des premières découvertes en corps à corps, envolé, balayé par les mots non dits, les couches à changer, les maladies des enfants, le stress d'un emploi, les malheurs de la famille et tout le reste.
Et au final, le constat que le couple ne se retrouve plus jamais sur la même longueur d'onde.
On parle des mêmes sujets, souvent on a la même opinion, on partage les mêmes lieux, les mêmes gens, les mêmes secrets, on vit à la même heure, on a reglé les aiguilles de sa pendule personnelle sur le même rythme, mais plus jamais on ne laisse le corps parler.
Le désir bestial qui vous prend le bas des reins, l'étourdissement d'une langue qui vous savoure, la fièvre d'un regard disant plus que des mots, des mains qui fourmillent de l'envie de l'autre, un corps qui ne répond plus qu'à sa propre volonté. Tout ça on l'a oublié. Pourquoi?
Parce qu'on a des attentes. On a attendu de l'autre des choses que parfois il ne nous a même pas promis, mais c'est à ça qu'on rêvait quand on était petite fille.
Parce qu'on a eu du mal, celui là même qui vous brise le coeur et vous mine au quotidien si l'autre n'a pas été présent dans la douleur, si l'autre n'a pas écouté vos coups de coeur.
Parce qu'on apprend à vivre seule en couple. Parce qu'on ne partage plus qu'un lavabo, un lit et des minots.
Parce qu'alors qu'on se veut humaine, ouverte d'esprit et pieuse, on ne pardonne pas à l'autre de vous avoir laissée seule dans vos heures creuses.
Parce que vous êtes l'épouse sur le papier, à la vie à la mort, monsieur le maire ne peut avoir tort.
Parce que ce n'est tout de même pas une fleur que l'on arrose, parce qu'il ne faut tout de même pas l'apprivoiser telle une rose.
Parce que vous avez des devoirs, une entreprise que vous ne pourriez laisser choir.
Parce qu'on ne va quand même pas écouter des heures, parler d'autre chose que de moteurs.

Et puis un jour le constat, amer, inhumain, impensable.
Vos corps ne se rencontrent plus, ils jouent à des rendez vous manqués, ils évitent l'inévitable.
Comment peut un homme fonctionner sans l'essence même de son organisme, comment dire à un ouvrier qui trime toute sa vie, que ses biens sont partis dans un séisme.
C'est impossible, pas vivable, on crie au scandale et on accuse.
On soupçonne la coupable de frigidité, elle en perd son statut de muse.
Les années ont balayé, les souvenirs de soirs d'été, où un corps enflammé, du votre avec plaisir a joué.
Vous a fait rugir, trembler et jouir. Vous a caressé avec amour, parcouru sans détour.

On oublie les conversations d'un soir, les mots dits, les coeurs noirs.
On oublie qu'on était absent, de corps et d'esprit pendant des ans.
Il faut une solution et vite, le quotidien vous mine, il vous faut un coït.
La vie de couple est ainsi faite, que les corps ne cheminent plus ensemble, restent en hosmose les têtes.
Et les souvenirs, et les enfants et tout ce qu'on a bâti.
Malgré qu'on aimerait désespérement, s'aimer à nouveau sans ressentis.

jeudi 11 janvier 2007

Les rêves sont en nous

On a chacun nos envies secrètes, nos espoirs.
Sur le plan personnel, financier, sportif, professionnel, loisirs ou d'autres.
Moi parmi une bonne dizaine, j'aimerais écrire. Je le fais déjà un peu ici à ma manière, mais j'avoue que de trouver l'inspiration pour raconter les aventures d'un certain petit sorcier à lunettes rondes me tenterait assez (et devenir millionnaire et reconnue de tous aussi, cela va de soi).
Une idée me trotte dans la tête depuis quelques temps; elle n'a rien à voir avec la célébrité ou la gloire et encore moins avec celui dontonnedoitpasprononcerlenom, mais elle me souffle partage et complicité. Evidemment je ne sais si elle est réalisable.Voilà pourquoi j'aimerais votre avis.
Il existait un jeu quand on était petits qui consistait à piocher des mots dans un chapeau et chacun devait inventer une mini-histoire contenant ces mots là.
Moi je me disais que si on tentait ensemble d'écrire comme une sorte de nouvelle ça pourrait être sympas.
Il y en a un qui commence et il attend que quelqu'un se propose pour la suite (publiée sur blog avec lien vers chapitre précedent), et le suivant écrit le troisième chapitre et ainsi de suite.
Le tout se doit d'être cohérent évidemment pour qu'on ait envie de le lire malgré qu'il y aura (et c'est bien là l'intérêt de la chose) divers styles d'écriture.
Je ne sais si je m'exprime clairement...
Qu'en pensez vous? Est ce surréaliste de penser que l'on peut se rapprocher les uns des autres par l'écriture? Est-ce que c'est un concept qui existe déjà ailleurs?
Bref tous vos commentaires sont les bienvenus. J'attends vos idées.
J'oubliais!Ceux ou celles n'ayant pas de blog mais étant lecteurs et tentés par l'aventure pourraient bien évidemment participer envoyant à l'un d'entre nous leurs textes qui seraient aussi publiés.

mardi 9 janvier 2007

Celle qui m'accompagne

Si je devais compter depuis combien d’années je lui jure fidélité
Si je devais calculer les voyages que j’ai consumés sans ambages
Si je devais faire une ode à mes poumons, leur crier des félicitations
Si je devais faire ici un repentir, de tout mon monde ensevelir
Sous une âcre fumée noire, aux allures de crématoire…

Même ainsi…

Je ne pourrais l’incriminer, la blâmer ou accuser
J’aime son goût et même sa réputation de voyou
Son odeur et même son prix de voleur
Sa présence même si elle a causé bien des absences
Sa fidélité même si elle est pas bonne à marier

Elle accompagne mes jours et je m’en languis la nuit
Elle calme mes nerfs toujours et m’épaule sans bruit

Certains me lâchent sans discours, parfois même sans un regard
Elle s’ancre alors à mes poumons lourds, me bichonne comme une sorcière sans fard
La vie me confronte plus qu’à son tour à la grande décideuse
Elle sort ses plus beaux atours de manière insidieuse

Elle a sa place partout chez moi, je ne lui refuse aucun de mes émois
Elle ne m’octroie que le sommeil, mais parfois de remords avec elle je veille
Elle a traversé toutes les crises, contrairement à d’autres, sans couardise
Elle a même vaincu haut la main, mes tentatives de divorce sans lendemain

Et pourtant c’est bien elle que j’aimerais quitter
De son odeur me désimprégner
Ne plus sentir sur mes épaules le poids
D’une vie courte alors que j’avais le choix

Ce texte m’a été inspiré par une certaine initiative

samedi 6 janvier 2007

Faisons le point

Je voudrais remercier tous ceux qui m'ont envoyé des e-mails en chaîne pendant toute l'année passée car grâce à votre bonté:

1-J'ai lu 170 fois que MSN Hotmail allait supprimer mon compte
2 -J'ai accumulé environ 3000 ans de malheur et je suis morte 67 fois à cause de toutes les chaînes que je n'ai pas renvoyées!
3-Quand je sors d'IKEA, je ne regarde personne, car j'ai peur qu'on m'emmène dans un hôtel, qu'on me drogue, pour après m'enlever un rein afin de le revendre au marché noir
4- J'ai versé toutes mes économies sur le compte d'Amy BRUCE, une pauvre petite fille qui a été malade à l'hôpital plus de 7 000 fois.
5-Mon GSM Nokia gratuit n'est jamais arrivé, ni les entrées pour le concert des Rolling stones que j'avais gagnées
6-J'ai inscrit mon prénom parmi 3000 autres sur une pétition et j'ai peut-être sauvé une espèce menacée d'écureuil nain à poil dur en Biélorussie orientale .
7-Je connais enfin la recette pour ne plus être seule en amour: il suffit d'écrire le prénom d'une personne sur un papier en pensant très fort à elle puis de se gratter le luc en se tournant dans le sens des aiguilles d'une montre autour d'une Renault 4L
8-J'ai lu au moins 25 tomes de tous les préceptes du DALAI LAMA et j'ai accumulé du bonheur pour au moins les 4690 prochaines années
9 -Sans oublier les 50 fois où j'ai dû scruter mon écran nuit et jour pour détecter le fameux message qui contenait ce virus que même Microsoft, Mac affee, Norton Symantec etc. étaient incapables d'éradiquer....et qui, non content de bousiller le disque dur, risquait de flinguer la chaîne stéréo, la télé, la cafetière et même le sani broyeur !!!!!!
IMPORTANT: si vous n'envoyez pas ce texte par mail dans les prochaines 10 secondes à au moins 8500 personnes, un dinosaure venu de l'espace viendra bouffer toute votre famille demain à 17h30 !

Enfin malgré tout ça, essayez quand même de passer une belle année :-)

Tic Tac

Alors que certaines nous incitent à raconter nos soirées (http://lajeunebergere.blogspot.com/2007/01/se-coucher.html), je vais ici vous raconter mes levers.

Ayant la chance de ne "prester" que 4 jours semaine, mon jour de congé je me la joue relax, je lève les enfants dans la bonne humeur, je prends mon temps, j'embarque le plus petit en pyjama, et moi même je m'affuble d'un simili de tenue, la première qui me tombe sous la main (dépareillée il va de soi) et je conduis mon ainé à l'école.
Arrivée sur les lieux, un brin de bienséance me rapelle ma tenue et j'évite soigneusement de quitter mon véhicule de peur d'heurter des âmes sensibles à la vue de mes cheveux hirsutes, de mon vieux jogging avec des traces d'eau de javel et les quelques traces de mascara de ci de là que j'aurais par mégarde laissées traîner sur mon faciès.

Par contre les jours où je bosse (4 autres jours donc), le scénario est tout à fait différent.
La veille, dans une délicieuse béatitude qui n'atteint que ceux qui ont bossé péniblement toute leur journée et viennent de parvenir à mettre au lit deux enfants surexcités, je savoure le calme revenu, confortablement installée dans mon fauteuil, un bon bouquin à la main. (Variante: xième épisode de DesperateHousewives ou tournée des grands ducs de la blogosphère).

Subitement, il apparaît essentiel de terminer les 17 chapitres du livre sans quoi je ne saurais jamais de quelle façon Morton a identifié le tueur juste en ayant humé l'odeur de ses chaussettes sales ou alors il me semble impossible d'aller me coucher tant que je n'aurais pas visionné l'intégralité de la saison 2, sinon comment deviner qui est le père de Zack??

Quelques heures plus tard, les yeux rougis de sommeil mais la conscience apaisée par le travail accompli, je monte me coucher.
Je m'étends aux cotés de l'Homme qui dans les bras de Morphée git depuis bien longtemps, je mène un combat inégal pour récupérer mon dû en matière de couvertures, je feins d'ignorer l'orchestre philarmonique désaccordé qui s'échappe de ses narines, et finalement je m'endors, quand soudain....
un bruit strident!

J'ouvre un oeil péniblement, je tente de réveiller mon ouïe pour qu'elle identifie le vacarm et là je capte, c'est mon réveil.
Un éclair plus tard et j'aperçois les chiffres lumineux, 7.37h.
Je rameute à toute vitesse mon esprit, mon cerveau et mes idées partis se faire la malle dans le duvet de mon oreiller et je bondis du lit.
Mon réveil étant programmé pour 6.39h, un constat s'impose, je suis en retard.
Je descends quatre à quatre les escaliers et étant donné que j'habite pas un château, je fais deux bonds et j'atterris dans la cuisine.
Oui quand j'atteins un certain degré de stress, je peux me convaincre très fort d'avoir des pouvoirs magiques, c'est mon droit.
La béatitude régnant la veille m'ayant dépourvue de toute pensée logique, j'ai évidemment omis de préparer les sacs, les petits déj ou les habits.

Premier impératif: café. J'ai passé 24 annés de ma vie sans y goûter mais depuis, je ne donne pas cher de la peau de celui qui me le refuserait le matin.
J'appuye sur le bouton de la Senseo pour qu'elle préchauffe, je cours à l'arrière cuisine jetter des gâteaux, petits jus, conserves de légumes, raviolis en boîte, bref tout ce qui me tombe sous la main, dans le sac de mon aîné pour ses récréations...
Je reviens en pestant contre la cafetière qui n'a toujours pas daigné préchauffer, je prépare vite fait des tartines pour le midi de l'enfant, je branche la prise de la cafetière (....), je cherche le sac de piscine et celui de gym, je fouille mon attaché case à la recherche du dossier de ma réunion du matin, je fais couler mon café, je respire, je nettoye l'eau brunâtre qui coule sur le plan de travail (bah oui ni café ni tasse, ça a beau être une Senseo hein...), je prépare les bibis et autres petits déjeuners et je monte.
Chambre de l'aîné, bonjour mon coeur d'amour, lève toi vite, habille toi on pars. Interrogation dans regard ensommeillé et puis: on est encore en retard??! Euh oui...Viiiiite.
Chambre de mon mignon: bonjou maman a va? oui ça va mon petit coeur, vite bois ton bibi, on va vite t'habiller
je cours à la salle de bains brossage de trois canines (le reste se fera la toilette ce soir), ablutions rapides, choisissage d'habits, enfilage, jurage car rien ne sied avec rien, maquillage
Retour chambre, je prends l'enfant, je l'emmène à la salle de bains, je le pose sur la table à langer, je lui change la couche, je l'habille...euh j'ai pas encore ses habits, je le repose par terre, je cours à la chambre, je chope le premier pantalon/pull qui passait par là je reviens, j'habille l'enfant, euh.. plus d'enfant! Je cherche dans ma chambre, je l'apelle, je fouille du regard sa chambre, la salle de jeux, mais où est il bon sang! allez c'est pas marrant, viens vite loulou! finalement je le retrouve enfoui dans le lit de son frère riant de belle.
Je l'atrappe, je croise mon aîné qui en bon petit mec se gratte l'entrejambe et me demande: dis maman, c'est quoi le plus fort, le feu ou l'électricité? parce que j'ai un pokemon électrique qui.... il n'achève pas sa phrase ayant croisé deux secondes mon regard....disant en message codé un truc du genre: si tu t'habilles pas plus vite que ton ombre je te réduis moi-même à l'état de pokemon!
Je lutte avec le petiot qui a décidé qu'il avait aucun impératif ce matin à part aller faire des bêtises chez mamie donc aucune raison de se presser pour s'habiller.
Je lui enfile le pantalon, il le retire, je remets le pantalon, je lace une chaussure, j'attrape au vol la deuxième qu'il a lancée dans un rire, je lui met une manche, il retire l'autre chaussure, bref il s'éclate cet enfant.
Je finis finalement par avoir gain de cause non pas parce qu'il a enfin bien voulu entendre raison mais tout simplement parce que du haut de ses deux ans et demi, il n'a aucune chance contre moi quand je lui fais la prise du chat et que je le ceinture dans mes bras.
Je rameute les troupes, enfilage de vestes bonnets re chaussures pour le petit (il me cherche...) et zou tout le monde dans la voiture.
Ayant visiblement été assez gentille avec je ne sais quelle instance supérieure, ma voiture n'est pas gelée et je peux donc démarrer sur les chapeaux de roues.
Tout en évitant petites vieilles, enfants sur le départ à l'école et chiens errants (oui il y a toujours un chien qui décide de traverser la route les jours où vous êtes en retard) je fouille mes poches à la recherche de la dictée de l'aîné, je la lui fais réciter, je jette un oeil à ma montre et fais de savants calculs pour décider à quelle vitesse je dois rouler pour parcourir vingt kilomètres en moins de 2 minutes.
Je roule d'une main, je rends le doudou au petiot qui l'a lancé à terre de mon autre main, avec ma troisième main j'affine mon maquillage, avec la quatrième je règle la radio pour entendre les infos avec tout leur lot de misères et enfin avec la cinquième je fais signe à la dame qui me souris au bord de la route, sans doute à la vue de mignon qui lui fait des petits signes du bout de ses orteils, oui il n'a plus ni chaussures ni chaussettes....
Avec plus de 17 minutes de retard je m'arrête dans un crissement de pneus devant l'école, je dépose le premier, le deuxième je le lance dans les bras de l'heureuse grand mère, j'avionne pour parcourir les derniers kilomètres me séparant de mon bureau, j'y arrive entière et sauve, j'ouvre les portes, alarmes, coffres, radios, lampes, dossiers, j'accueille le premier client, j'enregistre le premier sinistre, je passe mes premiers coups de fils et je me rends à ma réunion et enfin je m'assieds.
Si vous aussi vous avez des pouvoirs magiques, partagez les.

Morale de l'histoire: finalement le bureau c'est le pied!