mercredi 28 février 2007

Tous ces autres qu'il est

Voilà, je l'avais dit depuis longtemps pis j'ai toujours trouvé autre chose à dire ou à faire. Mais là je m'y mets.

Mon époux, depuis bientôt onze ans, est quelqu'un de réellement solide, je crois que si un mot devait le définir, c'est celui là. Taillé dans la pierre, avec ce que ça a de consistant mais aussi d'intransigeant, il est honnête par dessus tout et rien ne semble l'ébranler.
De cet aspect de sa personnalité, découlent des autres traits parfois un peu durs à supporter: le manque d'écoute, le manque de dialogue et la sensibilité très très bien cachée, ce qui rend les relations assez compliquées.

Il est l'aîné d'une famille aisée de quatre enfants. Rien ne lui a jamais fait défaut et même si on a fait preuve d'exigence envers lui dans ses études, on ne lui a jamais rien refusé ni reproché. ça donne donc quelqu'un d'assez sur de lui et peu soucieux la plupart du temps, des gens de son entourage.
Néanmoins, ces facilités auraient pu lui donner envie de se laisser aller dans son boulot et de ne pas trop s'en faire. Or il est courageux comme personne, et je dis toujours que quand ses ouvriers bossent dehors et ont de la boue jusqu'aux genoux, lui en a jusqu'aux épaules!
Il a repris avec son père l'entreprise familiale et il s'y consacre sans compter. C'est un projet, une oeuvre qu'il entend (qu'il doit) mener à bien. Fut ce au détriment de sa famille.

C'est un homme taciturne mais de sang chaud. Donc très extrême dans ses réactions. Il a des avis très précis sur tout un tas de sujets et il est or de question qu'il s'en dévie.
D'autre part, il est, de son propre aveu, d'une mauvaise foi surprenante et a énormément de mal à s'excuser ou à avouer qu'il a eu tort.

Il est issu d'une famille très nombreuse et même si aimante, très "taiseuse" comme on dit par chez nous. On tait ses douleurs, ses peines et même ses joies.
Il lui est donc compliqué de vivre avec une femme qui aime discuter, analyser et communiquer.
De plus, j'ai un passé très lourd du point de vue familial et lui peu habitué aux difficultés, a du mal à le comprendre ou à m'aider à le surmonter.

J'ai de mon coté beaucoup de mal à demander de l'aide et lui de son coté, beaucoup de mal à en offrir, ce qui résulte des solitudes extrêmes dans un couple où on est censés être deux.

Je ne voudrais pour rien au monde qu'on en dise du mal parce qu'on l'a mal perçu au premier abord en ours mal leché ou parce qu'on ne le connait pas. C'est quelqu'un de juste et loyal, qui fait je pense tout ce qu'il peut, mais mal ou trop tard.
Communiquer il ne sait faire, consoler ça le gêne, trouver des vraies solutions, c'est compliqué.

C'est un papa aimant, comme je n'en ai jamais connu. Présent également à sa façon. Il fait des tonnes d'efforts pour les mener là où les parents se doivent d'emmener leurs enfants, mais je pense sincèrement, sans me lancer des fleurs, que si j'étais pas là, la plupart du temps pour arrondir les angles, on passerait notre vie à aller au clash avec les petits, surtout avec mon aîné.
Quand il rentre d'une journée particulièrement dure, il leur parle comme à ses ouvriers, de façon brutale et directive, contre quoi, évidemment les enfants se rebiffent.

C'est un homme que je respecte profondément, même si, malgré lui?, il ne parvient toujours pas à me combler. Mais je l'admire et limite l'envie, de traverser la vie avec autant de facilité.

Voilà pour le portrait, sans vitriol parce qu'il ne le mérite pas, de celui qui m'accompagne.

jeudi 22 février 2007

Comme mon ombre

Elle doit me poursuivre et me coller depuis aussi longtemps que la cigarette je crois.
Elle n'est pas odorante ni visible mais toute aussi nocive.
La culpabilité.
J'ai pourtant acquis avec les années une certaine confiance en moi, je ne doute plus de la même façon, ou du moins plus sur les mêmes sujets. Mais certains restent.
C'est le constat effarant que j'ai encore fait le week end passé.
Repas familal chez nous, ici à la maison.
Convives: mes parents et mon frère. Si vous avez suivi un peu ce blog, vous savez quelles relations ambigues et douloureuses je peux entretenir avec l'entiéreté de mes invités ce jour là.
Néanmoins, j'essaye de préserver les apparences et je sais que mes parents ont énormément besoin de ces moments s'apparentant à la normalité pour tenir.
Fin du repas, alors que je m'active au salon pour ranger un peu ce que les enfants avaient fait comme bazar, et aussi comme d'habitude et en toute discrétion, m'échapper de l'ambiance pesante que j'ai du mal à supporter, mon frère me rejoint.
Avec, comme toujours, la même phrase. "j'aurais besoin d'un coup de main"
Comme ce n'est ni la première fois, ni la dernière, ni le moment, ni même le bon mois, je lui dis "non"
Et alors que j'aurais pu me contenter de lui dire simplement non, je ne peux pas ou que je ne veux pas, je me mêle d'argumenter. Pourquoi me direz vous? j'ai pas à me justifier.
Bah si j'en ai besoin et je crois que le mois ne m'a pas encore apporté mon soul de conflits car non seulement j'argumente mais en plus j'étale largement le pourquoi du "non"
Evidemment, le sujet de mes parents revient sur le tapis. Le fait qu'il les saigne à blanc tous les mois, eux qui ont à peine de quoi subsister. Le fait qu'indirectement c'est moi et ma famille qu'il saigne aussi financièrement, puisque tous les mois une partie de mon salaire est versée sur le compte de mes parents pour les aider.
Le fait qu'il a une vie faite d'emmerdes grosses comme des maisons, dans lesquelles meme avec la meilleure volonté du monde, vous ne sauriez vous fourrer.
Qu'il a l'art de les bouffer à petits feux et qu'il les fera crever.
Bref j'y vais à fond, ça me sort sans meme que j'ai à bouger des lèvres. Tout ce que mon coeur renferme depuis des années, sort comme dans un torrent de paroles que je ne peux arrêter.
Et lui royal, très calme me dit qu'il n'en peut rien, qu'il est malade, que la vie est dure pour lui aussi, que mes parents ont le devoir de l'aider puisqu'il n'est mentalement pas apte à se gérer seul.
Qu'il comprend que je sois revoltée, mais que c'est parce que je me sens coupable de ne pas réussir à les sortir de là, que je réagis comme ça. Et il a pas tort, mais ça me révolte d'autant plus que c'est comme ne pas entendre ce que je lui reproche mais bien retourner ça contre moi.
Je m'énerve devant sa suffisance, je me jure de ne pas me laisser avoir, je sais qu'il est malade mais je suis convaincue qu'il est beaucoup trop facile de se réfugier derrière tout ça pour disculper tous ses mauvais choix.
La conversation dure et dure. Ma mère vient aux nouvelles, bientot suivie de mon père.
Et là, elle me tombe dessus. La culpabilité.
Je vois dans les yeux de ma mère tellement de peine, tellement de chagrin que je craque.
Et je pleure tout en lui disant que c'est pas normal ce qu'il leur fait subir, que je sais que c'est dur pour lui mais qu'il doit mettre de l'ordre dans sa vie sinon il va me les faire crever.
Et ma mère, ma pauvre mère, hoche la tête et murmure: "mais ça va aller tu verras"
Et je culpabilise encore et encore.
De ne pas pouvoir les assumer entièrement, ne pas pouvoir les envoyer en vacances et les abriter de tout soucis. Je culpabilise même d'être désagréable avec lui et de par là meme, lui infliger du chagrin.
Et j'ai mon autre moi, celui qui est fort et désinvolte qui dit:" mais enfin après tout ce qu'il a fait, tu continues à te laisser amadouer"! et mon moi, le vrai et le seul dit: "bah oui, mais que faire, je me sens si coupable"
Et Dieu que je déteste ce moi là.

Des vertes et des pas mûres

Alors que le printemps est quasi à nos portes en ce mois de février, faisant rougir nos vergers bien en avance, voilà que ces quinze derniers jours j'en ai vu des vertes et des pas mûres.
Y a des jours ou des semaines comme ça où on a l'impression que tout s'écroule et qu'on ne saura pas s'en remettre, à tort évidemment (et heureusement).
Petite histoire: vous portez un amour sans bornes à votre belle-mère. Vous seriez prête à vous couper un bras pour lui faire plaisir. Arrive son anniversaire, vous avez des idées plein la tête pour une fête réussie avec toute sa famille. Vous vous démenez, faites des recherches sur ce qu'il serait possible de faire, vous vous faites toute une joie à l'idée de ce que ça va donner.
Comme vous n'êtes que la belle fille et qu'il y a 4 enfants, vous soumettez bien entendu le projet.
Votre belle-soeur vous dit que c'est pas faisable pour toutes sortes de raisons (pas à tort d'ailleurs) et que ça va être trop compliqué.
Bon bah tant pis, un peu dépitée vous laissez tomber l'affaire et vous vous dites que vous concrétiserez le dit projet dans quelques mois quand on fera un anniversaire commun avec votre beau-père.
Quelques jours avant l'anniversaire, vous apprenez par grand hasard que vous êtes conviée à une petite sauterie qui aura à peu de choses près le même déroulement que celui que vous aviez proposé...
Comme vous n'êtes pas non plus du genre à vous imposer, vous ne dites rien, participez à la petite fête (fort bien organisée d'ailleurs) et fermez votre clapet...
Début février voit approcher la date du fameux anniversaire belle-mère/beau-père.
Forte de votre expérience passée, vous ne ditez rien et attendez que les autres proposent quelque chose pour une quelconque organisation.
Vous recevez alors un mail (commun à tous les invités) demandant instamment que l'on bloque une date pour fin février, car il se déroule alors une méga teuf, avec animations soirées etc.
Il se trouve que vous n'avez été avertie de rien, qu'à cette date là vous avez un repas prévu de depuis longtemps et que votre mari non plus n'a pas été averti, or c'est un des 4 enfants...
A la réflexion, le sang chaud déjà écoulé, je laisserais tomber, ça me ferait de la peine mais je n'approfondirais pas spécialement le sujet.
Or il se trouve que le jour où j'ai reçu le mail, faisait suite à une soirée de discussion peu amène avec mon conjoint pour toutes sortes de problèmes communs, et que la semaine avait été particulièrement difficile point de vue familial avec mes parents donc j'ai explosé...
C'est étonnant avec quelle puissance la déflagration a eu lieu.
Une colère immense teintée de déception m'a envahie comme quand j'étais enfant et que je trouvais un comportement particulièrement injuste.
Le chagrin m'a submergée par vagues me laissant complètement anéantie, alors que là en l'écrivant je trouve ça totalement disproportionné.
Pendant deux jours j'ai eu l'impression de pleurer un deuil vieux de 30 ans.
Probablement même, tous les deuils que j'avais peu pleuré.
Je suis quelqu'un d'un naturel calme. J'ai une voix suave et posée, un ton uniforme qui apaise (on me l'a dit très souvent) mais là je crois que j'étais pas loin de partir dans les ultra-sons.

Je connais l'élément déclencheur et évidemment je comprends le mal fait, mais je ne m'étais pas rendue compte que j'avais été brasser des choses profondément enfouies.
Bref il m'a fallu deux jours pour m'en remettre, j'ai eu beaucoup de mal et j'en garde une vraie peine car le sujet me tennait particulièrement à coeur.
Mais j'ai eu des excuses sincères de mes belles-soeurs, toutes désolées de ce qu'elles avaient fait (sans mauvaise intention réelle j'en suis convaincue), une remise en question totale de l'organisation de la dite fête et une sereineté presque retrouvée.
Finalement pêter un câble ça fait un bien fou!

Evidemment, on ne va pas se plaindre non plus mais du coup (et c'est bien fait) je me retrouve avec un discours à pondre et pour lequel je suis incapable d'aligner deux mots, une organisation de ouf à préparer et des tonnes de nourriture à cuisiner...

Je pourrais dire que ça m'apprendra à la fermer mais ça m'a fait tellement de bien, que je ne regrette rien.

(voilà en partie le pourquoi de mon absence ici, que certains - j'espère - auront remarquée)

lundi 12 février 2007

Tout était normal

Certes le peu d'heures de sommeil du week end me donnaient un teint enfarinné du plus bel effet mais étant en congé, je ne m'attardais pas trop devant le miroir pour constater les ravages.
Certes la nuit avait été courte, car ne voulant faire mentir la météo, le vent et la pluie avaient tambouriné toute la nuit contre les vitres de la chambre de mon Mignon, entraînant ainsi son réveil dix fois en deux heures.
Certes dormir avec un petit loup de presque deux ans et demi, aussi remuant la nuit que le jour, n'est pas de tout repos et encore je parle pas des coups de coude ou autres pieds en travers du nez.
Mais pourtant tout était plus ou moins "under control".
Et pourtant, alors qu'emmitoufflés dans des manteaux, écharpes et autres bonnets, nous nous apprêtions à partir, le hic se posa...
La porte était fermée à clé, la clé était dans la voiture, la voiture devant chez nous dans la rue et la rue, rendue inaccessible par le fait même de la porte fermée. Boucle bouclée.
Les jokers étant assez restreints, genre clé de rechange, je ne pus faire appel au public, composé souvenez vous de 2 enfants dont un ravi de l'aubaine, imaginant déjà rester à la maison toute la journée et le deuxième profitant de la confusion générale pour retirer ses chaussures et manteau, que j'avais mis un temps fou à lui enfiler...
Je ne pus pas non plus user du 50/50, n'ayant pas Jean-Pierre Foucault sous la main.
Il me restait alors l'appel à un ami...
"oui chéri bonjour c'est moi, ça va bien?"
"oui ça va, et toi la forme? chançarde t'es en congé"
"euh oui, dis j'ai un léger soucis..mes clés sont dans la voiture"
"oui et alors?"
"bah disons que si je veux récupérer les clés faut que je sorte de chez nous"
"........"
"oui c'est ça, t'as compris le problème"
"bon ok, j'arrive"
Et voilà comment une émission de télé a sauvé ce matin mon fils d'une absence à l'école (bien malgré lui, disons le) et comment j'ai évité de me taper le chemin aller retour, me permettant ainsi d'éviter force vents et pluies.
Je m'en tire pas trop mal finalement :o)

samedi 10 février 2007

Comme de bien vécu

J'entretiens avec mes enfants des rapports de camaraderie, j'adore rire avec eux et les faire rire de mes âneries. Probablement car ce sont les seuls à rire de mes blagues, ils constituent mon public preféré. (faut dire que parfois je peux rire de blagues à deux sous voire moins, au grand désespoir de l'assistance)
Mais parfois je m'amuse à rire d'eux..non pas méchamment mais parce que je dois être un brin cruelle.

Quelques exemples (qui font quasi encore mouche à chaque fois)

- Maman, y a X qui m'ennuye! - C'est rien chéri, pour sa peine il dormira pieds nus ce soir! (l'enfant repart ravi que la maman ait trouvé une punition à la hauteur du méfait - pour ensuite revenir avec un petit sourire disant: mince je me suis encore fait avoir)

- Mama? Mamaaaa?? (pour la 32ème fois en 5 minutes)
Ouiiii petit coeur?
Moi veu joué, avé machine é tateur, é dadé Bob ponge carré, et joué plaicine, et allé dan bain et touné manège etc etc
(en gros il veut que je vienne assister à toutes sortes d'activités ludiques: jouer avec ses machines et ses tracteurs (il est passionné), aller regarder Bob l'éponge Carrée (si au sein de votre foyer vous y avez échappé à ce dessin animé là, faites une Neuvaine à Sainte Claire pour la remercier), ensuite dans la seconde qui suit il aimerait jouer avec la plasticine et en même temps aller dans le bain pis aller faire un tour de "tournez manège" càd s'assoir dans un siège made in Ikea qui est dans sa chambre et tourner à toute berzingue en riant comme un fou)
Bref il veut que je m'occupe de lui...
Moi étant en train de lire/révâsser/faire la cuisine/repasser/blogger, je n'ai que moyennement envie de tout quitter alors je lui dis:
"écoute chéri va voir si maman est au salon et demande lui de jouer avec toi"
Alors il part en trotinnant, arrive au salon, m'apelle, cherche derrière les portes et pis revient le front soucieux en me disant: A pas touvé!!?
(j'ai gagné 5 minutes, j'ai bien ri mais après je dois quand même m'y coller)

- Maman, je ne sais pas ce qui se passe, j'avais posé ma Game Boy là sur la table et elle a disparu!
Normal chéri, je l'ai vu partir à vélo y a une demie-heure.

- Maman, mais pourquoi c'est toujours moi qui dois aller mettre mon linge au linge sale, papa il le laisse bien traîner lui (pas faux)
oui chéri je sais, mais c'est toujours sur les plus petits qu'on sprotche

- Maman, qu'est qu'on mange??
euh chéri on est dimanche là, tu sais bien que le dimanche tu manges pas!

- Mon aîné est un éternel distrait, il n'écoute pas ce qu'on lui dit, il entend mais il imprime pas. C'est mignon un temps, mais après au quotidien c'est franchement lourd.

"Chéri tu montes te brosser les dents, mettre ton pyjama, ton linge sale va dans la salle de bains, tu te couches déjà et tu attends que je vienne te faire le bisou"
l'enfant devant la télé me dit : mouiii ...
je coupe la télé et lui demande: je viens de dire quoi?
euh euh (bredouillant) que je dois aller faire mes devoirs???

"Maman Maman elle se trouve où ma housse?"
(mon aîné avait pour doudou étant petit, deux coussins, oui certains ont des nounours, d'autres des peluches, moi je me coltinais deux coussins taille 40 cm - avec les années, un des coussins a subi un malheureux accident de machine à laver et s'est complètement dechiré perdant tout son intérieur, il ne restait donc que son jumeau qui au fil des ans est devenu un morceau de tissu que l'on apelle communément housse - qui disparaît tous les jours (jamais définitivement hélas) et qu'il faut chercher par tout temps)
"cherche dans les endroits habituels: ta chambre, salle de jeux, enfoui dans un fauteuil, sur la poubelle de la toilette (...), sur les escaliers etc
Les recherches se poursuivent et pas de trace de l'immonde tissu...
Le soir pendant la préparation du repas, en ouvrant le frigo je vous laisse deviner ce que j'ai trouvé dedans...

Je possède pas moins de 12 bonnets pour mon fils aîné, 7 boîtes à tartines, 4 manteaux d'hiver, 3 maillots de bain et bonnets de piscine et autant d'équipements de gym..
Car comme il ne prête aucune attention ni à ses affaires ni à ce que je lui dis, et que ceux/celles qui sont chargés de le récupérer à l'école pendant que je bosse, sont faits dans le même moule, je me retrouve souvent sans les accessoires sus nommés...
Quelle n'est pas ma joie de récupérer fin de semaine, 3 boîtes à tartines oubliées à l'école avec du pain mutant capable de parcourir de lui même un 100 mètres, ou un sac de piscine avec des affaires totalement moisies...
je vous jure parfois je suis pas aidée ...

Toujours dans les étourderies de mon fils...
A l'heure des devoirs, il doit être le seul enfant à ne jamais ramener le bon cahier...
Il a, heureusement pour lui, hérité de son papa, car il traverse allègrement les années, sans ramener les bonnes feuilles à étudier, les bons devoirs à faire et encore moins la liste de matière à étudier pour les examens.
Je suis d'ailleurs une grande habituée des coups de fils aux autres mamans pour demander ce qu'il faut faire pour le lendemain.

Au délà du fait d'être étourdi, il papote, raconte, explique avec force gestes et paroles, tout ce qui lui passe par la tête pendant les cours...
En première année primaire, un jour en discutant avec lui j'apprends que toutes les semaines, tout le monde change de place dans la classe et je m'aperçois alors qu'il est le seul à ne jamais bouger. Je demande alors un jour à l'institutrice le pourquoi de la chose.
Elle me dit alors qu'elle aime avoir mon fils sous ses yeux, donc le banc juste devant elle, et faire ainsi pivoter toutes les semaines la classe entière, pour trouver enfin un petit camarade avec qui mon fils ne papoterait pas de sa vie toute entière.
En gros, toutes les semaines il avait un nouveau compagnon à ses cotés, mais comme le résultat n'était jamais satisfaisant, la semaine d'après elle changeait...

Je m'étonnais aussi du fait que ses crayons de couleur se réduisaient en taille comme peau de chagrin m'obligeant à les renouveller sans cesse. Là aussi la brave institutrice m'expliqua, que étant en première année, ils avaient le devoir de rester assis, contrairement à la maternelle où ils pouvaient se lever et aller plus ou moins à leur guise dans la classe.
Mon aîné avait alors trouvé comme prétexte de se lever pour aller tailler ses crayons, et ce 6 à 7 fois par jour...d'où le budget qu'il fallait allouer aux crayons....
(cette institutrice était une sainte femme, moi je vous le dis - comme d'ailleurs toutes les institutrices je pense)

Je me rends compte que je pourrais en parler des heures mais blogueuse n'étant pas un métier, j'ai des dossiers qui m'attendent, je vais donc en écrire juste une petite dernière

Mon Mignon (deux ans et demi bientôt) adore tout ce qui est nourriture que l'on peut malaxer, huile que l'on peut renverser, expériences douteuses sur le régime strict des lecteurs vidéo à base de tartines de nutella etc

Récemment (hier soir) pendant que je débarassais la table, que leur papa travaillait à la cave et que je les pensait en sécurité à l'étage en train de jouer aux playmobils (et croyant, innoncente que je suis, que l'aîné jettait un oeil sur le plus jeune), j'ai d'abord entendu :
"ouahhh qu'est ce que t'as fait!!!???"
"attends, bouge pas, on va nettoyer"
"ahhh maman va nous tuer"
"non bouge pas, euh...maman???mamannnnnnnnnn?" euh viens vite s'il te plaît"
je monte quatre à quatre, la peur au ventre...
j'arrive et je vois mon plus jeune un flacon de Zwitsal huile pour le corps de bébé en main, luisant comme une boule à facettes seventies, dégoulinant d'huile bien grasse sur laquelle étaient collés des carrés de ouate à démaquiller

le tout, le sourire aux lèvres évidemment...

jeudi 8 février 2007

Les feuilles mortes

Passent les heures et les journées
sans que je prenne le temps de les écouter
toutes ces lettres qui s'emboîtent et forment
le souvenir d'un quotidien très dans la norme

mes jambes portent ma vie rythmée
ma tête accueille le tempo effréné
pas un instant pourtant je ne cesse
d'envier ces instants de secrète messe

ceux où je vous dévoile mes boîtes noires
où je livre comme à aucun des miens, mes déboires
ceux où mes mains prennent vie et sont en liesse
de parcourir ce clavier qui du gris les déleste

mais aussi ces tranches de vie que vous offrez
comme des présents d'un Noël oublié
qui le temps d'un billet m'apportent l'illusion
d'avec vos maux être en communion

j'aime les ROUgeurs de certains
j'aime les quotidiens des rouQUINS
je rafole de cotôyer ses mouTONS
je m'inspire de ses éMotions

une narre le PORtugal et ses états d'âme
une autre me ravit avec sa DOuce flamme
tous me chavirent à leur manière
et j'en oublie bien des compères

c'est juste que la rime m'abandonne
et l'inspiration se fait boufonne
mais je voulais quand meme vous dire
que votre présence, vaut bien un empire.

jeudi 1 février 2007

Ah les blondes...

Bon, je vais moi aussi y mettre mon grain de sel et essayer de donner mon avis sur le sujet, épineux s'il en est, sur cette fameuse loi anti tabac. Epineux, car il y en aura toujours des pour et des contre, des moderés et des intolérants.
Je suis moi meme fumeuse depuis bien trop longtemps. Je ne fume jamais dans mon bureau, d'abord par respect envers un patron non fumeur et un collègue ex fumeur, ensuite parce que l'odeur en elle meme dans un espace restreint me dérange.
A table (si je me trouve dans un lieu fumeur), j'attends toujours que les personnes m'accompagnant aient terminé leur repas, je ne me permets jamais de fumer dans un lieu classé non-fumeur et jamais je ne fume chez des non-fumeurs, sauf si eux-mêmes me le proposent. Je respect entièrement le droit de celui que la fumée insupporte, comme je respecte au jour le jour et dans toutes les circonstances, mes semblables.
Cette loi aura du bon si d'une part elle libère les non fumeurs des nuisances odorantes et autres qui pourrissent leur quotidien, d'autre part elle sera de mes deux mains grandement applaudie, si certains arretent definitivement ou meme diminuent leur conso.
Là où le bas blesse à mon sens, est cet effet de nouvelle à échelle nationale et les extrêmes que cela genère. Hier encore à la télé, on montrait des propriétaires interdire les gens de fumer chez eux sous peine d'exclusion ou encore au Japon des rues entières non fumeurs (sous peine d'amende avec police anti tabac et tout l'attirail).
A quand des brigades de gendarmerie dans les rues pour donner des contraventions aux obèses usant de manière anormale le sol qu'ils foulent ou des flicquettes apostrophant les gens de taille anormalement grande, car ils empêchent leurs semblables plus petits, de jouir du paysage?

Si la démarche de l'état reste honorable sous le couvert de veiller à la santé des non fumeurs et réconcilier avec la vie, celle des fumeurs, la démarche me laisse un peu songeuse.
Je n'aime pas être reléguée dans une case qui est celle des fumeurs, pollueurs et qui dérangent.
J'ai de l'éducation et du respect, et je sais m'y tenir.

Oui, on pollue, oui on dérange notre entourage et oui on est sûrement dangereux.
Oui on coûtera peutêtre très cher à la sécu si d'aventure on réussit à vivre longtemps avec son cancer. (Stats: chaque cigarette fumée abrège la vie de 11 minutes, on estime la perte moyenne d'espérance de vie à 20 ans, sachant que la plupart du temps cela se termine par une mort avant 65 ans - ce qui à peu de choses près est l'âge de la pension que l'on ne verra jamais et pour laquelle nous avons économisé toute une vie)
Et oui hélas, trois fois hélas, ce n'est pas qu'à notre vie qu'on porte atteinte mais bien à celle de tout notre entourage.
Mais le vrai passage obligé ne serait il pas seulement dans le mot "éducation"? Si on avait depuis le début oublié les gains exorbitants que cela génère, l'équilibre économique qu'il aurait fallu réinventer avec des vraies mesures et des vrais efforts d'état, on aurait surement pu trouver un compromis.
Pourquoi ne pas changer (à échelle mondiale) la composition de la fabrication des cigarettes, de manière à la rendre moins nocive, et la délester des matières telles que acétone, méthanol et autres arsenics, destinés à rendre tout fumeur accro de sa blonde ou brune?
Pourquoi depuis toujours ne pas avoir respecté les droits des non fumeurs? Est ce seulement les fumeurs qui ont depassé les bornes? ou l'état qui pendant des années a laissé faire ou même incité à faire?
Si depuis toujours la plupart des lieux publics prévoyaient de manière obligatoire un espace hermétique dedié à la fumée, si depuis toujours on avait mis en avant des vraies campagnes anti-tabac plutôt que nous laisser nous extasier sur le beau cowboy de chez Malboro, en sera t on là?

Nous sommes le 1er février 2007, la cigarette a bien du apparaître en France vers le 19ème siècle. La société SEITA (Société d'exploitation Industrielle du Tabac et des Allumettes) a d'ailleurs été créee en 1926, dans le but premier de renflouer les caisses de l'état mises à mal après la Première Guerre Mondiale.

Les pays scandinaves, précurseurs de tous bords, ont depuis bien longtemps alerté les pouvoirs publics et discipliné leurs habitants.
La presse américaine fait depuis de longues années ses choux gras sur le dos des cancéreux en phase terminale qui attaquent les grosses sociétés de tabac en justice, pour réclamer des dommages et intérêts.
Pourquoi donc alors que l'on se veut un pays discipliné et en avance sur son temps, a t on mis si longtemps à prendre des mesures radicales à l'encontre des fumeurs?
M'est avis que les 82% du prix du paquet de cigarettes que l'état met en toute bonne conscience dans sa poche, n'y sont pas étrangers.

Ce post ne va sûrement pas me faire des amis mais je tennais vraiment à en parler, car je suis concernée ainsi que vous, et donner mon avis fait partie de mes droits (non pas de fumeuse, mais de citoyenne) et par la suite écouter le votre, fait partie de mes devoirs.

dimanche 28 janvier 2007

Projets

Pour un intérieur bien rangé, attelez vous à mettre de l'ordre dans votre extérieur.
Quand j'ai la tête un peu embrouillée, il me faut compartimenter, nettoyer, ranger, confectionner mon chez moi, ça me rassure.
Cette semaine a été un reflet parfait de cet état d'esprit.
Je me suis mise en tête de revoir l'emplacement, la déco et l'arrangement de chaque pièce de la maison.
Alors je feuillete les catalogues, je cherche des idées, je bouge des meubles, je fais des essais, bref je m'occupe les idées.
Première cible, la chambre de fils aîné. Je voulais changer la déco ou du moins l'accentuer car rien n'était vraiment établi, à part des chouettes couleurs au mur.
Première étape, aller chez les fous de suédois, acheter des petits meubles pour ranger tout un tas de bricoles qu'un enfant affectionne, des décos rigolotes pour les murs et une nouvelle housse de couette aux tons chauds.
J'y ai mis des heures entières, frottant, rangeant, astiquant mais le résultat est là: au délà d'une belle chambre dans laquelle il se sent bien, je me suis couchée tous les soirs ereintée mais d'une vraie fatigue, de celle qui permet à mon corps de lâcher prise la tête à peine sur l'oreiller sans avoir d'idées noires.
De plus, la sensation d'avoir fait des choses par moi-même et fière du résultat.
Je suis sans cesse admirative de ces blogs créatifs où les mamans passent des heures à confectionner des habits, des plaids, des broderies, de la déco maison...moi qui suis bien maladroite de mes deux mains gauches, je me trouve bien en émoi quand je réussis à donner belle allure à des objets ou des pièces, sans avoir eu recours à des professionnels.
Et vous comment vous occupez vous l'esprit quand votre intérieur tourne en rond (ou pas rond)?

mardi 23 janvier 2007

Nouvelles technologies

A l'ère où on s'envoie un sms pour souhaiter ses voeux, qu'on envoie un email à son collègue de bureau 2 mètres plus loin, j'avais commencé à étudier l'hypothèse d'acheter un portable pour mon fils aîné (9 ans depuis peu)
Alors qu'on arrivait à la conclusion avec son papa qu'il était bien trop tôt pour qu'il sache (non pas s'en servir correctement car je ne doute pas un instant qu'il aurait compris en un éclair le fonctionnement de la chose) comment gérer les coûts et l'utilisation parfois abusive d'un téléphone personnel, par un beau soir de décembre, ma belle famille décide de lui offrir en cadeau commun, un portable.
J'ai trouvé ça extrêmement gentil et je suis sincèrement contente pour lui, même si ça va un peu à l'encontre des principes d'éducation que j'avais mis en place.
On passe sur la joie, les cris, les bisous distribués à tout le monde, les sauts de cabri toute la soirée, bref ce pré ado a l'air content.
Ensuite viennent des questions un peu plus sérieuses, genre: ai je du crédit, puis je m'en servir, c'est quoi mon numéro, vite introduire des supers images dans l'appareil, qui pourrais je bien apeller etc etc
Il s'avère que ma belle maman qui avait été acheter le cadeau avait pris un modèle avec une carte prépayée de 5 euros.
Le soir même, une fois des numéros dans la mémoire de la bête, fils aîné envoye son premier message à un de ses meilleurs amis.
"coucou, c'est moi, tu vas bien?"
réponse: té ki toi?
"je suis *filsainé*, j'ai reçu un téléphone, prends mon numéro"
réponse: sé sa, je vé te kroir..
"si je te promets, c'est moi, apelle moi si tu veux"
(l'ortographe de mon fils n'a pas été changée mais avant d'envoyer ses messages il me demandait de le corriger, et n'ayant pas encore connaissance du langage sms, il utilisait encore des vrais mots existant dans des dictionnaires, ce qui je ne doute pas, risque de changer d'ici peu)
Le bref échange épistolaire de grand cru terminé, la question lui vient de combien a bien pu lui coûter la conversation. Vérification faite: 2 euros. "ouahh c'est trop cher, c'est pas possible"! Bah si chéri et ce sera encore pire depuis chez nous (pour la petite histoire je suis frontalière, et donc mes coûts téléphoniques avoisinent parfois le PIB d'un petit pays d'Afrique. Tous mes messages et appels passant toujours par le roaming international)

Le lendemain après l'école, je récupère l'enfant dûment muni de son portable, et je me rends compte qu'il a une triste mine.
Et oui il n'a plus de crédit.. il avait trouvé qu'il serait sympas d'apeller sa mamie (sur un fixe donc) avec qui il est resté longtemps au téléphone, essentiellement à lui expliquer (elle qui a 73 ans, qui perd parfois un peu la carte et pour qui l'usage du Gsm s'apparente à envoyer des fusées sur Mars), qui il était, pourquoi il l'apellait (ce qu'il ne savait pas spécialement), et que non il n'y avait aucune catastrophe majeure dans la famille qui justifiait le fait que son petit fils l'apelle.

Le lendemain, avec son argent de poche, il décide de recharger sa carte de 10 euros. Soit.
Fin de journée, je reçois un appel de ma meilleure amie. Dis donc je savais pas que *filsainé* avait un Gsm.
Bah oui, belle famille, cadeau etc. Comment l'as tu appris?
Bah il m'a appellé, j'étais dans le train (à l'étranger), beaucoup de bruit je comprennais pas tout mais voici le résumé de l'appel:
FA:Bonjour
MA:Bonjour
FA:Tu vas bien?
MA:Euh oui, qui es tu?
FA:Bah c'est moi *Filsainé*
MA: Ah!! et tu apelles pourquoi??Il est arrivé quelque chose? (oui j'ai un entourage de gens stressés...)
FA: Ah non tout va bien, mais comme j'ai reçu un gsm pour mon annif alors je t'apelle.
MA:Ah bah c'est bien, je note ton numéro comme ça.
FA/Ah oui c'est une bonne idée ça.
MA: Je suis contente que tu m'aies apellé mais vaudrait mieux que tu raccroches tu uses tous tes crédits tu sais loulou.
FA: Ah oui c'est vrai, m'enfin c'est quand meme sympas d'apeller avec son téléphone...T'est où au fait?
MA: dans le train...
FA: ah et tu vas où???
MA: je vais à ***** pour mon boulot
FA: Ah?? et c'est bien ton boulot? bla bla bla bla bla bla bla bla bla

Le soir:
Mamannnnnnnn (voix de desespoir), il ne me reste plus que 3 euros sur mon gsm :o((((

Je décide alors de le sensibiliser aux coûts mais pour ne pas le désespérer, je change sa carte prépayée en un autre fournisseur (le même que quasiment nous tous, pour économiser) et je souscris à une formule un peu spéciale.
Chéri, dorénavant, tes textos son gratuits pour peu que tu sois en **** (du bon côté de la frontière), après 16 heures ou les week ends.
Chic alors maman, je pourrais envoyer plein de textos à *** après 16 heures.
Oui mon coeur.

Le lendemain, encore: maman maman après 16 heures, je t'enverrais plein de messages au bureau, puisque c'est gratuit.
D'accord chéri.

15.30: je lui envoie moi même un message lui demandant si tout va bien, si l'école ça a été et si le petit frère est en forme.
16.01: je m'attends à recevoir un message: rien
16.20: toujours rien
16.45: rien
17.00: nada
17.15: je le récupère. Et lui demande pk il ne s'est pas servi de ses sms gratuits.

Mais maman! J'avais plein de choses à te dire et plein de messages à t'écrire mais avant 16h, après je savais plus quoi te dire, alors j'ai pas voulu gaspiller pour rien dire donc j'ai rien envoyé...

Je crois qu'il est pas encore mûr pour la communication...

samedi 20 janvier 2007

On ne fait plus l'amour

Non ceci n'est pas un titre racoleur dédié à des milliers de requêtes Google, mais bien une réalité.
Beaucoup de couples après un certain nombre d'années de vie commune, se laissent envahir par le quotidien, les enfants, la réalité de l'autre, les frustrations et en oublient de laisser la parole à leur corps car leur tête prend le dessus.
L'émoi d'un premier baiser, le frisson d'une première caresse maladroite, le palpitant des premières découvertes en corps à corps, envolé, balayé par les mots non dits, les couches à changer, les maladies des enfants, le stress d'un emploi, les malheurs de la famille et tout le reste.
Et au final, le constat que le couple ne se retrouve plus jamais sur la même longueur d'onde.
On parle des mêmes sujets, souvent on a la même opinion, on partage les mêmes lieux, les mêmes gens, les mêmes secrets, on vit à la même heure, on a reglé les aiguilles de sa pendule personnelle sur le même rythme, mais plus jamais on ne laisse le corps parler.
Le désir bestial qui vous prend le bas des reins, l'étourdissement d'une langue qui vous savoure, la fièvre d'un regard disant plus que des mots, des mains qui fourmillent de l'envie de l'autre, un corps qui ne répond plus qu'à sa propre volonté. Tout ça on l'a oublié. Pourquoi?
Parce qu'on a des attentes. On a attendu de l'autre des choses que parfois il ne nous a même pas promis, mais c'est à ça qu'on rêvait quand on était petite fille.
Parce qu'on a eu du mal, celui là même qui vous brise le coeur et vous mine au quotidien si l'autre n'a pas été présent dans la douleur, si l'autre n'a pas écouté vos coups de coeur.
Parce qu'on apprend à vivre seule en couple. Parce qu'on ne partage plus qu'un lavabo, un lit et des minots.
Parce qu'alors qu'on se veut humaine, ouverte d'esprit et pieuse, on ne pardonne pas à l'autre de vous avoir laissée seule dans vos heures creuses.
Parce que vous êtes l'épouse sur le papier, à la vie à la mort, monsieur le maire ne peut avoir tort.
Parce que ce n'est tout de même pas une fleur que l'on arrose, parce qu'il ne faut tout de même pas l'apprivoiser telle une rose.
Parce que vous avez des devoirs, une entreprise que vous ne pourriez laisser choir.
Parce qu'on ne va quand même pas écouter des heures, parler d'autre chose que de moteurs.

Et puis un jour le constat, amer, inhumain, impensable.
Vos corps ne se rencontrent plus, ils jouent à des rendez vous manqués, ils évitent l'inévitable.
Comment peut un homme fonctionner sans l'essence même de son organisme, comment dire à un ouvrier qui trime toute sa vie, que ses biens sont partis dans un séisme.
C'est impossible, pas vivable, on crie au scandale et on accuse.
On soupçonne la coupable de frigidité, elle en perd son statut de muse.
Les années ont balayé, les souvenirs de soirs d'été, où un corps enflammé, du votre avec plaisir a joué.
Vous a fait rugir, trembler et jouir. Vous a caressé avec amour, parcouru sans détour.

On oublie les conversations d'un soir, les mots dits, les coeurs noirs.
On oublie qu'on était absent, de corps et d'esprit pendant des ans.
Il faut une solution et vite, le quotidien vous mine, il vous faut un coït.
La vie de couple est ainsi faite, que les corps ne cheminent plus ensemble, restent en hosmose les têtes.
Et les souvenirs, et les enfants et tout ce qu'on a bâti.
Malgré qu'on aimerait désespérement, s'aimer à nouveau sans ressentis.

jeudi 11 janvier 2007

Les rêves sont en nous

On a chacun nos envies secrètes, nos espoirs.
Sur le plan personnel, financier, sportif, professionnel, loisirs ou d'autres.
Moi parmi une bonne dizaine, j'aimerais écrire. Je le fais déjà un peu ici à ma manière, mais j'avoue que de trouver l'inspiration pour raconter les aventures d'un certain petit sorcier à lunettes rondes me tenterait assez (et devenir millionnaire et reconnue de tous aussi, cela va de soi).
Une idée me trotte dans la tête depuis quelques temps; elle n'a rien à voir avec la célébrité ou la gloire et encore moins avec celui dontonnedoitpasprononcerlenom, mais elle me souffle partage et complicité. Evidemment je ne sais si elle est réalisable.Voilà pourquoi j'aimerais votre avis.
Il existait un jeu quand on était petits qui consistait à piocher des mots dans un chapeau et chacun devait inventer une mini-histoire contenant ces mots là.
Moi je me disais que si on tentait ensemble d'écrire comme une sorte de nouvelle ça pourrait être sympas.
Il y en a un qui commence et il attend que quelqu'un se propose pour la suite (publiée sur blog avec lien vers chapitre précedent), et le suivant écrit le troisième chapitre et ainsi de suite.
Le tout se doit d'être cohérent évidemment pour qu'on ait envie de le lire malgré qu'il y aura (et c'est bien là l'intérêt de la chose) divers styles d'écriture.
Je ne sais si je m'exprime clairement...
Qu'en pensez vous? Est ce surréaliste de penser que l'on peut se rapprocher les uns des autres par l'écriture? Est-ce que c'est un concept qui existe déjà ailleurs?
Bref tous vos commentaires sont les bienvenus. J'attends vos idées.
J'oubliais!Ceux ou celles n'ayant pas de blog mais étant lecteurs et tentés par l'aventure pourraient bien évidemment participer envoyant à l'un d'entre nous leurs textes qui seraient aussi publiés.

mardi 9 janvier 2007

Celle qui m'accompagne

Si je devais compter depuis combien d’années je lui jure fidélité
Si je devais calculer les voyages que j’ai consumés sans ambages
Si je devais faire une ode à mes poumons, leur crier des félicitations
Si je devais faire ici un repentir, de tout mon monde ensevelir
Sous une âcre fumée noire, aux allures de crématoire…

Même ainsi…

Je ne pourrais l’incriminer, la blâmer ou accuser
J’aime son goût et même sa réputation de voyou
Son odeur et même son prix de voleur
Sa présence même si elle a causé bien des absences
Sa fidélité même si elle est pas bonne à marier

Elle accompagne mes jours et je m’en languis la nuit
Elle calme mes nerfs toujours et m’épaule sans bruit

Certains me lâchent sans discours, parfois même sans un regard
Elle s’ancre alors à mes poumons lourds, me bichonne comme une sorcière sans fard
La vie me confronte plus qu’à son tour à la grande décideuse
Elle sort ses plus beaux atours de manière insidieuse

Elle a sa place partout chez moi, je ne lui refuse aucun de mes émois
Elle ne m’octroie que le sommeil, mais parfois de remords avec elle je veille
Elle a traversé toutes les crises, contrairement à d’autres, sans couardise
Elle a même vaincu haut la main, mes tentatives de divorce sans lendemain

Et pourtant c’est bien elle que j’aimerais quitter
De son odeur me désimprégner
Ne plus sentir sur mes épaules le poids
D’une vie courte alors que j’avais le choix

Ce texte m’a été inspiré par une certaine initiative

samedi 6 janvier 2007

Faisons le point

Je voudrais remercier tous ceux qui m'ont envoyé des e-mails en chaîne pendant toute l'année passée car grâce à votre bonté:

1-J'ai lu 170 fois que MSN Hotmail allait supprimer mon compte
2 -J'ai accumulé environ 3000 ans de malheur et je suis morte 67 fois à cause de toutes les chaînes que je n'ai pas renvoyées!
3-Quand je sors d'IKEA, je ne regarde personne, car j'ai peur qu'on m'emmène dans un hôtel, qu'on me drogue, pour après m'enlever un rein afin de le revendre au marché noir
4- J'ai versé toutes mes économies sur le compte d'Amy BRUCE, une pauvre petite fille qui a été malade à l'hôpital plus de 7 000 fois.
5-Mon GSM Nokia gratuit n'est jamais arrivé, ni les entrées pour le concert des Rolling stones que j'avais gagnées
6-J'ai inscrit mon prénom parmi 3000 autres sur une pétition et j'ai peut-être sauvé une espèce menacée d'écureuil nain à poil dur en Biélorussie orientale .
7-Je connais enfin la recette pour ne plus être seule en amour: il suffit d'écrire le prénom d'une personne sur un papier en pensant très fort à elle puis de se gratter le luc en se tournant dans le sens des aiguilles d'une montre autour d'une Renault 4L
8-J'ai lu au moins 25 tomes de tous les préceptes du DALAI LAMA et j'ai accumulé du bonheur pour au moins les 4690 prochaines années
9 -Sans oublier les 50 fois où j'ai dû scruter mon écran nuit et jour pour détecter le fameux message qui contenait ce virus que même Microsoft, Mac affee, Norton Symantec etc. étaient incapables d'éradiquer....et qui, non content de bousiller le disque dur, risquait de flinguer la chaîne stéréo, la télé, la cafetière et même le sani broyeur !!!!!!
IMPORTANT: si vous n'envoyez pas ce texte par mail dans les prochaines 10 secondes à au moins 8500 personnes, un dinosaure venu de l'espace viendra bouffer toute votre famille demain à 17h30 !

Enfin malgré tout ça, essayez quand même de passer une belle année :-)

Tic Tac

Alors que certaines nous incitent à raconter nos soirées (http://lajeunebergere.blogspot.com/2007/01/se-coucher.html), je vais ici vous raconter mes levers.

Ayant la chance de ne "prester" que 4 jours semaine, mon jour de congé je me la joue relax, je lève les enfants dans la bonne humeur, je prends mon temps, j'embarque le plus petit en pyjama, et moi même je m'affuble d'un simili de tenue, la première qui me tombe sous la main (dépareillée il va de soi) et je conduis mon ainé à l'école.
Arrivée sur les lieux, un brin de bienséance me rapelle ma tenue et j'évite soigneusement de quitter mon véhicule de peur d'heurter des âmes sensibles à la vue de mes cheveux hirsutes, de mon vieux jogging avec des traces d'eau de javel et les quelques traces de mascara de ci de là que j'aurais par mégarde laissées traîner sur mon faciès.

Par contre les jours où je bosse (4 autres jours donc), le scénario est tout à fait différent.
La veille, dans une délicieuse béatitude qui n'atteint que ceux qui ont bossé péniblement toute leur journée et viennent de parvenir à mettre au lit deux enfants surexcités, je savoure le calme revenu, confortablement installée dans mon fauteuil, un bon bouquin à la main. (Variante: xième épisode de DesperateHousewives ou tournée des grands ducs de la blogosphère).

Subitement, il apparaît essentiel de terminer les 17 chapitres du livre sans quoi je ne saurais jamais de quelle façon Morton a identifié le tueur juste en ayant humé l'odeur de ses chaussettes sales ou alors il me semble impossible d'aller me coucher tant que je n'aurais pas visionné l'intégralité de la saison 2, sinon comment deviner qui est le père de Zack??

Quelques heures plus tard, les yeux rougis de sommeil mais la conscience apaisée par le travail accompli, je monte me coucher.
Je m'étends aux cotés de l'Homme qui dans les bras de Morphée git depuis bien longtemps, je mène un combat inégal pour récupérer mon dû en matière de couvertures, je feins d'ignorer l'orchestre philarmonique désaccordé qui s'échappe de ses narines, et finalement je m'endors, quand soudain....
un bruit strident!

J'ouvre un oeil péniblement, je tente de réveiller mon ouïe pour qu'elle identifie le vacarm et là je capte, c'est mon réveil.
Un éclair plus tard et j'aperçois les chiffres lumineux, 7.37h.
Je rameute à toute vitesse mon esprit, mon cerveau et mes idées partis se faire la malle dans le duvet de mon oreiller et je bondis du lit.
Mon réveil étant programmé pour 6.39h, un constat s'impose, je suis en retard.
Je descends quatre à quatre les escaliers et étant donné que j'habite pas un château, je fais deux bonds et j'atterris dans la cuisine.
Oui quand j'atteins un certain degré de stress, je peux me convaincre très fort d'avoir des pouvoirs magiques, c'est mon droit.
La béatitude régnant la veille m'ayant dépourvue de toute pensée logique, j'ai évidemment omis de préparer les sacs, les petits déj ou les habits.

Premier impératif: café. J'ai passé 24 annés de ma vie sans y goûter mais depuis, je ne donne pas cher de la peau de celui qui me le refuserait le matin.
J'appuye sur le bouton de la Senseo pour qu'elle préchauffe, je cours à l'arrière cuisine jetter des gâteaux, petits jus, conserves de légumes, raviolis en boîte, bref tout ce qui me tombe sous la main, dans le sac de mon aîné pour ses récréations...
Je reviens en pestant contre la cafetière qui n'a toujours pas daigné préchauffer, je prépare vite fait des tartines pour le midi de l'enfant, je branche la prise de la cafetière (....), je cherche le sac de piscine et celui de gym, je fouille mon attaché case à la recherche du dossier de ma réunion du matin, je fais couler mon café, je respire, je nettoye l'eau brunâtre qui coule sur le plan de travail (bah oui ni café ni tasse, ça a beau être une Senseo hein...), je prépare les bibis et autres petits déjeuners et je monte.
Chambre de l'aîné, bonjour mon coeur d'amour, lève toi vite, habille toi on pars. Interrogation dans regard ensommeillé et puis: on est encore en retard??! Euh oui...Viiiiite.
Chambre de mon mignon: bonjou maman a va? oui ça va mon petit coeur, vite bois ton bibi, on va vite t'habiller
je cours à la salle de bains brossage de trois canines (le reste se fera la toilette ce soir), ablutions rapides, choisissage d'habits, enfilage, jurage car rien ne sied avec rien, maquillage
Retour chambre, je prends l'enfant, je l'emmène à la salle de bains, je le pose sur la table à langer, je lui change la couche, je l'habille...euh j'ai pas encore ses habits, je le repose par terre, je cours à la chambre, je chope le premier pantalon/pull qui passait par là je reviens, j'habille l'enfant, euh.. plus d'enfant! Je cherche dans ma chambre, je l'apelle, je fouille du regard sa chambre, la salle de jeux, mais où est il bon sang! allez c'est pas marrant, viens vite loulou! finalement je le retrouve enfoui dans le lit de son frère riant de belle.
Je l'atrappe, je croise mon aîné qui en bon petit mec se gratte l'entrejambe et me demande: dis maman, c'est quoi le plus fort, le feu ou l'électricité? parce que j'ai un pokemon électrique qui.... il n'achève pas sa phrase ayant croisé deux secondes mon regard....disant en message codé un truc du genre: si tu t'habilles pas plus vite que ton ombre je te réduis moi-même à l'état de pokemon!
Je lutte avec le petiot qui a décidé qu'il avait aucun impératif ce matin à part aller faire des bêtises chez mamie donc aucune raison de se presser pour s'habiller.
Je lui enfile le pantalon, il le retire, je remets le pantalon, je lace une chaussure, j'attrape au vol la deuxième qu'il a lancée dans un rire, je lui met une manche, il retire l'autre chaussure, bref il s'éclate cet enfant.
Je finis finalement par avoir gain de cause non pas parce qu'il a enfin bien voulu entendre raison mais tout simplement parce que du haut de ses deux ans et demi, il n'a aucune chance contre moi quand je lui fais la prise du chat et que je le ceinture dans mes bras.
Je rameute les troupes, enfilage de vestes bonnets re chaussures pour le petit (il me cherche...) et zou tout le monde dans la voiture.
Ayant visiblement été assez gentille avec je ne sais quelle instance supérieure, ma voiture n'est pas gelée et je peux donc démarrer sur les chapeaux de roues.
Tout en évitant petites vieilles, enfants sur le départ à l'école et chiens errants (oui il y a toujours un chien qui décide de traverser la route les jours où vous êtes en retard) je fouille mes poches à la recherche de la dictée de l'aîné, je la lui fais réciter, je jette un oeil à ma montre et fais de savants calculs pour décider à quelle vitesse je dois rouler pour parcourir vingt kilomètres en moins de 2 minutes.
Je roule d'une main, je rends le doudou au petiot qui l'a lancé à terre de mon autre main, avec ma troisième main j'affine mon maquillage, avec la quatrième je règle la radio pour entendre les infos avec tout leur lot de misères et enfin avec la cinquième je fais signe à la dame qui me souris au bord de la route, sans doute à la vue de mignon qui lui fait des petits signes du bout de ses orteils, oui il n'a plus ni chaussures ni chaussettes....
Avec plus de 17 minutes de retard je m'arrête dans un crissement de pneus devant l'école, je dépose le premier, le deuxième je le lance dans les bras de l'heureuse grand mère, j'avionne pour parcourir les derniers kilomètres me séparant de mon bureau, j'y arrive entière et sauve, j'ouvre les portes, alarmes, coffres, radios, lampes, dossiers, j'accueille le premier client, j'enregistre le premier sinistre, je passe mes premiers coups de fils et je me rends à ma réunion et enfin je m'assieds.
Si vous aussi vous avez des pouvoirs magiques, partagez les.

Morale de l'histoire: finalement le bureau c'est le pied!

mardi 2 janvier 2007

De l'art de dire

Quand j'ai commencé ce blog, j'ai d'emblée signalé mes envies, l'essentiel que je réservais à mes récits. Une sorte de journal intime qui me libérerait de quelques ressentis profonds qui me minaient.
Au fur et à mesure des billets, force m'est de constater que la ligne éditoriale choisie (expression piquée là: http://penseesderonde.canalblog.com/) n'était résolumment pas celle que la plupart des lecteurs attendait.
A savoir que si je couche ici mon parcours de vie, mes pensées sans complaisance et aussi les drames les plus profonds qui ont pu me secouer, ça ne rencontre que très rarement ce que des gens ont envie de lire.
Ce qui est assez marrant c'est que finalement c'est exactement la même chose que dans la vraie vie. Quand des personnes étendent leurs malheurs quels qu'ils soient, les interlocuteurs se sentent mal à l'aise car ils ne savent quelle réaction avoir afin de ne pas les blesser et aussi par l'indeféctible sensation que quoi qu'ils disent, ce sera vain car devant de tels drames ou chagrins on ne sait quoi répliquer.
Ce constat m'est venu devant le peu de visites ou de commentaires laissés.
J'ai donc décidé d'alléger le contenu de mon site de façon discrète afin de ne pas me voir classer éternellement dans la catégorie des cas desespérés qui feraient pleurer dans les chaumières.
Si je ne peux changer ma vie, du moins mon passé et mon vécu, je peux en tout cas essayer d'alléger mon présent et mon futur et par là même mes écrits.
Vous rendant j'espère la lecture plus agréable.
Une question s'est rapidement imposée dans mon esprit: n'est tu pas en train de faire exactement le contraire de ce que tu voulais au départ, à savoir un coin à toi où tu pourrais te libérer sans contrainte, sans avoir à rendre de comptes?
Et j'en suis arrivée à la conclusion que ce blog était bénéfique car il me permettait de narrer certaines douleurs, mais aussi car il me dictait en quelque sorte des autres directions, et que par là donc je m'ouvrais à d'autres sujets et me libérais.

Après relecture, ce post s'apparente étrangement à un bilan d'année comme d'autres pourraient le faire après 365 billets quotidiens. Je n'ai évidemment pas la longévité nécessaire à ce genre d'écueil, je le fais donc à mon échelle.
A l'aube de cette nouvelle année, je ne promettrais pas ici douze mois de blog intensif, ni des changements radicaux dans ma façon d'être mais en tout cas des billets reflétant ce que je suis et m'apprête à devenir, à savoir une jeune femme à 6 ans de la quarantaine, libre dans sa tête et de plus en plus liberée dans son esprit, et bien décidée à croquer dans la vie.

Belle année encore à vous tous.

dimanche 31 décembre 2006

Si

Si j'avais un stylo magique, je peindrais le ciel d'un bleu éclatant pour que jamais vous ne vous leviez sous des reflets gris.
S'il me restait encore assez d'encre, je m'en irais poser des soleils partout pour que le monde entier perçoive ses rayons et sente sa chaleur sur sa peau.
Si je savais coudre, je confectionnerais des couvertures par milliers pour que plus personne n'ait froid sur la planète.
Si je savais cuisiner, je mijoterais des plats dans des marmites géantes pour assouvir la faim de tous ceux que ça tenaille.
Si j'avais une baguette de petit sorcier, je ferais couler de l'eau frâiche dans les bouches de tous ceux que la soif achève.
Si mes pouvoirs me le permettaient, je déclarerais éternelle la paix et la santé pour tous les habitants de tous les comtés.
Si j'avais de longs doigts, je me ferais une joie de chatouiller tous les enfants du monde entier, pour que leurs yeux s'illuminent et pour que leurs rires résonnent.
Une fois tous mes gestes accomplis, j'essayerais de devenir meilleure, je m'efforcerais de voir le bonheur là où il est et je sourirais à la vie.

Mais comme je ne sais ni cuisiner, ni peindre, ni coudre, je m'en vais vous souhaiter une belle année 2007, avec des joies intenses, des bonheurs retrouvés et surtout la santé.

Chaîne

Puisque certains (http://rougesable.blogspot.com/ ) ont eu la gentillesse de penser à moi, je vais à mon tour livrer 5 de mes secrets classés défense.
Je ne sais si ça interèsse quelqu'un d'autre, donc je laisse libre choix à celui ou celle qui me lira de le reproduire à son tour sur son blog.
D'autant plus que mon lectorat étant euh disons assez limité, tout le monde y est déjà passé :-)

1) Lorsque j'étais jeune, il y a donc de cela une bonne paire d'années, sous le coup de l'impulsivité (et de la bêtise à n'en pas douter), j'ai volé un petit objet, un pendentif. Evidemment, je me suis fait prendre...Pendant des années, j'ai joué profil bas chaque fois que je croisais les patrons du dit lieu.
Et récemment, en allant à ma séance de sport hebdomadaire, le prof nous annonce un nouveau venu.. je vous le donne en mille, le patron... un brin défraîchi mais pas dépourvu de mémoire si j'en juge par les regards meurtriers qu'il me lance encore 20 ans après...
je pense que je vais abandonner le sport et me mettre au tricot ...

2) Je suis une adepte des listes de toutes sortes, j'en ai tous les jours plein les poches, plein mon bureau, plein mon sac à main. J'y écris tout. Souvent ça s'apparente à ça: pain, farine, escalopes de veau, aller mutuelle, repasser linge, prendre mon bain, reprendre les enfants chez les mamies.
Et oui, quand je dis tout c'est tout...Le but évidemment étant de barrer au fur et à mesure ce qui n'est plus à faire...Une façon assez facile de me dire que j'ai accompli tout ce que je devais...
ça me rassure et me permet d'oublier ce que je fais mal ou pas du tout.

3) A deux reprises dans ma vie, je me suis retrouvée avec la menace d'une plainte pour attentat à la pudeur.
La première fois des policiers m'ont surprise (pas seule évidemment) faisant l'amour dans une voiture dans les bois (et m'ont reconduite chez moi manu militari à moitié habillée... ou déshabillée c'est comme on veut), la deuxième fois des passants ont apellé les policiers car nous faisions l'amour sur un banc public (dans un lieu pas frequenté ... enfin c'est du moins ce que l'on croyait)

4) Tous les jours mon portable est en mode "silencieux".
ça me permet d'envoyer un texto à 21.57 h disant: "sorry, pas entendu ton message/coup de fil de 10.33 h, car portable sur silencieux"
Ma manière à moi de "filtrer", quand je veux me mettre en mode off.

5) Il y a des bruits qui m'insupportent. Ceux de la nourriture que l'on mâche. Même ceux qui ne sont pas exagerés. Il est très courant qu'à table, chez moi ou ailleurs, je me bouche discrètement une oreille pour ne pas les entendre, tellement ça m'ennerve.

Edit de 2 minutes plus tard: j'ai réussi à mettre un lien dans mes posts!!
ok ça n'a rien d'extraordinaire mais j'ai le droit d'exulter un 31 décembre non?

jeudi 28 décembre 2006

Il était une fois

Une jeune femme convaincue quelque part en elle même qu'elle n'était pas digne d'attention, que les autres ne l'aimaient pas et qu'elle était la seule à faire plaisir à son entourage sans rien recevoir en retour.
La plupart du temps elle faisait bonne figure, omettait de dire de mauvais mots et tentait d'oublier par l'humour ce qui la chagrinait.
Néanmoins lors de son anniversaire, à la fête des mères ou à Noël, elle avait grande peine à réprimer un reproche ou deux, lorsque l'oubli assaillait son conjoint et qu'il omettait de la fêter ne fut ce qu'un petit peu.
En ce Noël 2006, alors qu'elle faisait le tour de sa énième liste des courses et des cadeaux pour satisfaire tout son monde, elle demanda à son époux sur un ton (disons le) un brin cynique: c'est bon, toi t'as pas de courses à faire, tu les as tous tes cadeaux de Noël?
A quoi il répondit: moi c'est ok, j'achète rien comme d'hab, tu le sais bien quand même?
La réponse n'était évidemment pas celle qu'elle attendait et un pincement au coeur plus tard, elle tenta de penser à autre chose, tout en le maudissant intérieurement.
La veille de la naissance de l'enfant Jésus, c'est peu dire qu'elle n'était pas tout à fait habitée de pensées très chrétiennes...
Les invités arrivent, tous les cadeaux sont installés au pied du sapin, elle s'affaire à un quelconque rangement au salon quand elle aperçoit.... un énorme paquet posé contre le mur.
Elle s'y reprends à deux fois pour saisir ce que c'est: un bonhomme de neige.
Non pas un de ceux qui auraient fondu en un clin d'oeil par la chaleur émanant de la cheminée toute proche, mais un avec un corps enrobé de papier jaune, avec une tête verte et deux bras confectionnés avec des morceaux de bambou avec des gants en caoutchouc. Sur son ventre, quelqu'un avait dessiné des gros boutons pour simuler un manteau et un peu plus bas, une main avait écrit: un bonhomme de neige pour DesCrisenLigne.
La jeune femme ne cesse de s'interroger sur le mystérieux cadeau, c'est visiblement pour elle et elle se maudit d'avance d'avoir plus ou moins silencieusement reproché à son époux d'avoir oublié son Noël...
La soirée avance, les enfants sont de plus en plus excités, on décide donc de ne pas attendre minuit comme le veut la tradition familiale pour ouvrir les cadeaux.
Le sien elle l'ouvre en dernier et y découvre un objet qu'elle convoite depuis des années, qu'elle a toujours désiré sans oser se l'offrir et qui lui fait monter des larmes aux yeux...
Son époux, celui qu'elle taxe bien souvent (même si avec raison) d'inattentif, de froid et d'indifférent, avait cherché et trouvé un cadeau qui aurait pu lui faire réellement plaisir. De plus il avait passé du temps à l'emballer, avait soigné son apparence et maintenu le suspens.
Ca doit être ça ce qu'on apelle la magie de Noël...

samedi 23 décembre 2006

Etrennes

A moins de vivre sur une autre planète ou d'être terré au fin fond d'un igloo, vous n'avez pas pu échapper à ce formidable mouvement commercial qui nous entoure en cette période.
C'est la course à l'échalotte pour acheter un Dvd pour tata Germaine ou une boîte de cigars pour l'oncle Roger.
Evidemment, internet nous aide grandement, pour ma part j'ai commandé 90% de mes cadeaux sur des sites spécialistes qui ont livré à temps et en heure de quoi agrémenter mon pied de sapin.
En ce qui concerne les cadeaux, il y a plusieurs écoles:

1) le besogneux: celui qui se creuse la tête pendant des semaines pour trouver ce qui fera plaisir à la cousine Josette et qui parvient avec plus ou moins de succès à lui soutirer un merci lors de la découverte du paquet.
S'il a eu de l'intuition ou la main heureuse, il aura peut-être réussi à lui dénicher le fer à repasser en fonte qui manquait à sa collection, elle se fendra alors d'une banane digne d'Henri Salvador et ils seront potes pour la vie.
2) le je m'enfoutiste: celui qui offre à toute l'assemblée des cendriers en pâte à sel achetés dans un souk lors de ses dernières vacances (variante: le T shirt: i love Costa Brava jaune fluo, taille unique)
3) le "jemecassepaslatête": celui qui remet une enveloppe avec 20 euros dedans à toute sa famille avec la mention "Joyeux Noël". Cela évite les déceptions et les longues files d'attente aux caisses des magasins.
4) le futé: celui qui instaure au sein de la famille le petit jeu du "j'ai un ami":
mettre le nom de chacun des participants sur des petits papiers, déposer le tout dans un chapeau, chacun pioche un nom à qui il devra offrir un cadeau. Une wish list consultable permet à chacun d'offrir le cadeau de son choix à celui dont on aura tiré le nom. Le tout dans le plus parfait anonymat, personne ne sait qui va lui offrir un cadeau, d'où le nom du jeu: "j'ai un ami" (mais je ne sais pas qui c'est)
5) l'anti conventionnel: celui qui proclame que les cadeaux organisés, les fêtes que pour le fric, le conformisme, tout ça tout ça, c'est pas pour lui. Il a acheté de cadeaux à personne. (par contre, il râle si tout le reste de l'assemblée a eu la même pensée à son égard)
6) le j'aipasdebol: lui il a hérité d'une famille dont les membres savent parfaitement quel cadeau ils aimeraient recevoir et pour lui faciliter la tâche ils lui communiquent leurs désideratas suffisamment à l'avance, pour qu'il en soit pourvu le soir ad hoc.
Là où ça se corse, c'est quand sa tante lui a demandé des verres empilables blancs avec liseré bleu marine, taille 13.6 cm.
Ou bien quand la petite cousine a decrété que rien ne lui ferait plus plaisir que Barbie aux Bermudes, objet convoité par toutes les petites de France et de Navarre, et que plus aucun magasin ne possède évidemment de stock. Il va sans dire qu'il pourra remuer ciel et terre, jamais il ne trouvera l'objet de son désir.
Finalement, il le dénochera d'occasion sur Ebay à 320 euros et le recevra le 15 mars.

Bref en un mot comme en cent, Noël et les cadeaux c'est sympas mais parfois ça s'apparente (quand même) (un peu) à une corvée.

Pour ma part, j'ai exceptionnellement réussi à dénicher ce qu'il me fallait avec suffisamment d'avance, ce qui me permettra de ne pas aller acheter des after shave ou des tonnes de boîtes de chocolat en catastrophe demain.

J'ai en vrac dans mon escarcelle (liste non exhaustive):

- des Bd's choisies avec beaucoup d'attention pour un quelqu'un aux goûts précis
- un (formidable) jeu en bois nommé "Carrom" ou "Carambole" avec lequel nous jouïons étant enfants (cadeau collégial)
- des places pour un concert
- un jeu vidéo pour mon tendre qui va me valoir un "T'es la meilleure maman du monde!!"
- un joli carnet pour noter de douces pensées pour une quelqu'une qui n'a pas assez de son blog pour coucher sa prose
- des trucs à gratter (jeux de lotterie) un par personne, pour peutêtre gagner le million (c'est marrant, pas cher et ça plaît souvent)
- des crèmes anti âge pour celle qui commence à en avoir et une jolie trousse de maquillage pour une qui s'aperçoit qu'elle a l'âge d'en mettre

J'oubliais: je fais beaucoup de cadeaux, sans date particulière à ceux qui me sont proches, sans pour autant avoir l'envie d'en recevoir en retour MAIS (il y a toujours un mais), je suis souvent déçue que la réciproque soit rarement d'actualité.
Pour parer à ce genre de déconvenues et de vilains sentiments, je m'achète moi même mes propres cadeaux en y appliquant une superbe étiquette libellée "de moi pour moi" :-)

Et vous qu'offrirez vous? (et qu'aimeriez vous qu'on vous offre?)

jeudi 21 décembre 2006

Lisez moi

Etant une grande lectrice (de blogs, livres, revues, journaux et même d'étiquettes de vin: ma maman disait que dès que j'ai appris à lire il me fallait tout le temps de la lecture, au point qu'à table je récitais à voix haute tous les mots qui m'entouraient si je n'avais pas de livre), je vais essayer de temps en temps de vous faire partager un livre qui m'aura plu pour toutes sortes de raisons et pour lequel j'aurais envie de donner mon avis et pourquoi pas, vous donner envie de le lire.
Il va de soi que beaucoup, dont c'est le métier, le font bien mieux que moi, et cet avis est loin d'avoir une quelconque prétention.

Ces livres que je dévore, peuvent traiter de sujets très différents, je n'ai pas d'affinités précises d'auteur ou genre. Même si je me porte plus volontiers vers un thriller que vers un roman historique.
Mes préférences allant (souvent) à Elizabeth George, Minette Walters, John Grisham, Robert Crais et j'en passe. Des sujets pas toujours joyeux je vous concède mais que voulez vous on se refait pas.

Je vais vous parler ici de Douglas Kennedy et son dernier roman: Les charmes discrets de la vie conjugale.
Je l'ai acheté pour son titre tout d'abord, car la curiosité m'a soufflé qu'il s'agissait peut être d'un récit un peu psycho social qui m'éclairerait un peu sur les relations homme-femme.
J'étais pas loin de la vérité sauf qu'il s'agit ici d'un roman, purement fictif sans grandes théories psychologiques de la part de l'auteur, et qui permet d'analyser de l'extérieur une relation de couple dans une Amérique des années 60 ainsi qu'un climat politique dont j'ignorais tout.

Une belle façon d'analyser ses semblables (et soi-même par la même occasion), en les acceptant comme simples mortels avec leurs défauts et qualités.

Bonnes lectures,